KINSHASA, 1er mai (XINHUA) -- L'Eglise catholique de
la RDCongo a réclamé lundi l'ouverture d'un dialogue politique pour
les prochaines élections, au lendemain de la publication du nouveau
calendrier électoral par la Commission électorale indépendante
(CEI).
Lors d'une conférence de presse à Kinshasa, Mgr
Monsengwo Pasinya, le président de la Conférence épiscopale nationale du
Congo (CENCO) et l'archevêque de la troisième grande ville de
Kisangani, a affirmé que "tout réaménagement du calendrier électoral
ne peut se faire unilatéralement, il doit être le fruit d'un consensus
entre les forces vives de la nation", vu que la tenue des élections avant
le 30 juin 2006, date butoir prévue par l'Accord global et inclusif et par
la Constitution de transition, sera impossible.
Dimanche soir, la CEI a annoncé fixer le premier
tour de la présidentielle et les législatives au 30 juillet 2006, et ce à
cause du retard accumulé dans tout le processus électoral en cours.
Il s'agit en effet des premières élections
démocratiques en RDCongo depuis 45 ans, surtout après une guerre sanglante
qui a éclaté en 1998, impliqué huit pays africains et fait quatre
millions de morts et 3,5 millions de déplacés.
L'Eglise catholique congolaise a souligné le
déroulement des élections "dans un climat apaisé pour tout le monde" et
"une neutralité stricte et rigoureuse" des forces de l'ordre (armées,
police, services de sécurité civile) par rapport aux différents
candidats ainsi qu'aux partis politiques.
Elle a exigé "un climat de vérité et de
transparence" sur les candidats, leur identité, leurs faits et gestes.
Selon Mgr Monsengwo qui a appelé le clergé à une
attitude de neutralité vis-à-vis des hommes et partis politiques, le
pouvoir et le gouvernement de la RDCongo ont été assujettis à des
gouvernements étrangers depuis bientôt dix ans, de sorte que le
centre de décisions politiques et socio-économiques de la RDCongo se
trouve en dehors de la frontière.
L'appel au dialogue de l'Eglise catholique est censé
faire écho au même appel du principal parti d'opposition de la RDCongo,
l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne
Tshisekedi. Après avoir boycotté puis raté le processus
d'enregistrement d'électeurs, l'UDPS n'a déposé aucune
candidature aux prochaines élections générales, bien que M. Tshisekedi ait
exprimé au début de cette année son intention d'y participer, mais à
condition de la réouverture de tous les bureaux d'inscription. Face au
refus catégorique de la CEI, l'UDPS se trouve de facto en dehors du
processus électoral en cours, en appelant au dialogue politique.
Pour le premier tour de la présidentielle ainsi que
les législatives congolaises, 33 et 9 632 candidats figurent sur la
liste définitive de la CEI. Fin