LOME, 1er février (XINHUANET) -- La philosophie qui
sous-tend la coopération que la Chine entend développer avec les pays
africains suivant le document officiel du gouvernement chinois sur sa
politique africaine publié en début du mois de janvier suscite
intérêt et appréciations dans les milieux des universitaires et
politiques togolais.
"Je trouve très humaniste que la Chine souscrive au
fait d'entretenir une amitié sincère, d'assurer des avantages mutuels
sur un pied d'égalité, de coopérer dans la solidarité et d'oeuvrer à
un développement partagé", a fait remarquer James Kwam, un
socio- économiste spécialiste des questions de développement togolais.
C'est ce principe qui a toujours manqué dans les
relations bilatérales et la coopération que les pays africains ont
entretenue depuis des années avec leurs partenaires imposés par leur
histoire avec l'Occident, a-t-il ajouté. Il estime que si cette
philosophie nouvelle de la politique de la Chine est aussi désintéressée
et égalitaire qu'elle semble l'être, les pays africains aborderont un
nouveau tournant décisif qui devrait stimuler leur développement longtemps
retardé.
M. Kwam souligne qu'il n'y a pas de raison que les
relations d'échange entretenues par les pays africains ne soient pas
profitables et c'est dans cette perspective que la coopération
économique que la Chine veut développer dans un esprit
gagnant- gagnant et le renforcement des échanges culturels doivent être
encouragés.
Il incite cependant à la prudence dans la mesure où
aucune relation n'est totalement désintéressée.
"La Chine a ses propres raisons économiques de
vouloir ce partenariat, mais l'essentiel est de sauvegarder l'aspect
humaniste du partenariat", a-t-il relevé.
Les pays africains et la Chine doivent
nécessairement se prêter mutuellement soutien et agir en étroite
coordination, renforcer la coopération sino-africaine au sein de l'ONU et
d'autres organisations internationales et soutenir mutuellement les
revendications légitimes et les propositions raisonnables, a dit un
ancien ministre togolais, toujours à propos du document officiel de la
Chine sur sa politique africaine.
La Chine représente une voix permettant aux pays
africains de se faire entendre au sein de l'ONU, face aux pays
occidentaux, a-t- il souligné.
"Nous l'accueillons dans le sens de l'instauration
d'un nouvel ordre international qui s'impose au regard du nouveau réveil
après les tentatives des années 1950 et 1960", a -t-il expliqué. Cela
se place aussi dans la logique de la politique de non ingérence dans
les affaires intérieures observée traditionnellement par la Chine et
que les pays africains doivent désormais tenter d'imposer à leurs vieux
partenaires occidentaux, a-t-il ajouté.
La politique de promotion de la démocratie et des
droits de l'homme que la Chine compte développer dans les relations
internationales sera difficile à mettre en place, étant donné que la
vision de l'Afrique et de la Chine dans ce domaine n'est pas toujours
perçue avec le même regard que celle des "vieilles démocraties", qui les
imposent sans autre forme de procès, a-t-il estimé.
Selon cet ancien ministre, ce qui importe c'est
l'ouverture offerte aux pays africains grâce à la nouvelle politique de la
Chine, qui se veut favorable aux échanges et disposée à adopter " des
mesures actives pour donner l'accès au marché chinois à plus de produits
africains" qui est cependant naturellement fermé et surtout la mise en
place du tarif zéro sur certains produits importés des pays africains les
moins développés.
"C'est réellement une mesure qui doit inciter à la
performance pour conquérir ce marché et donc amener les dirigeants
africains à copier le modèle asiatique, et surtout le modèle chinois, pour
vaincre la pauvreté", a-t-il conclu. Fin