BAGDAD, 29 janvier
(XINHUANET) -- Le président déchu irakien Saddam Hussein a quitté dimanche
la salle du tribunal peu après la reprise du procès à Bagdad, pour
protester contre le tribunal chargé de le juger.
(Photo: Xinhua/AFP)
"Je veux quitter la salle", a déclaré Saddam
Hussein. Le nouveau juge du procès, Raouf Rachid Abdel Rahmane, un Kurde,
lui a répondu: "vas-y". "J'ai dirigé le pays pendant 35 ans et vous
m'ordonnez de sortir", a rétorqué Saddam Hussein.

(Photo: Xinhua)
Le juge a répliqué: "Je suis le juge, vous êtes
l'accusé et vous devez m'obéir".
Saddam Hussein en colère a alors dit: "vous êtes
irakien. Vous ne pouvez pas me donner des ordres sur ce ton. Je vous ai
gouverné pendant 35 ans".
Après quelques nouveaux échanges, Saddam Hussein a
quitté la salle, escorté par des huissiers. Deux des co-inculpés du
président déchu, dont l'ancien vice-président Taha Yassine
Ramadan, ont également quitté la salle.
Auparavant, un des accusés du procès, Barzan Ibrahim
Al- Takriti, un demi-frère de Saddam Hussein, avait été expulsé du
tribunal sur l'ordre du juge Rahmane, pour avoir tenté de prendre la
parole en dépit de l'opposition de ce dernier.
Les avocats de la défense avaient ensuite décidé de
quitter la salle, en dépit de la mise en garde du juge indiquant que s'ils
sortaient, ils ne seraient pas autorisés à revenir.
Le juge a alors nommé des avocats d'office pour la
suite de l'audience.
Le procès de Saddam Hussein et de sept de ses
anciens adjoints sont accusés de crimes contre l'humanité, pour le
massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl (nord de Bagdad) dans les
années 1980 en représailles à l'attaque du convoi de l'ancien président
lorsque celui-ci visitait le village en 1982.
Le procès est pour la première fois présidé par le
nouveau juge, M. Rahmane, après plusieurs semaines d'ajournements et de
polémique sur l'indépendance des juges et la crédibilité de la cour.
Le juge kurde Rizkar Amine, qui présidait le procès
depuis son ouverture en octobre dernier, a en effet démissionné après avoir
été critiqué par des responsables politiques, pour son manque
supposé de fermeté à l'égard de l'accusé et de ses co-inculpés.
Fin