Par CHEN Shun
DAKAR, 21 janvier (XINHUANET) -- Les relations
sino-sénégalaises ont pris une vitesse de croisière dans leur
développement, après le rétablissement des relations diplomatiques entre
les deux pays au niveau d'ambssadeurs, le 25 octobre 2005.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Li
Zhaoxing, a annoncé, lors de sa visite officielle des 12 et 13 janvier au
Sénégal, un train de mesures visant à relancer et à renforcer la
coopération tout azimut entre la Chine et le Sénégal. On notait,
entre autres, une enveloppe de deux milliards de FCFA sous forme
d'une subvention non remboursable devant être investie notamment
dans les infrastructures, la construction de l'Université du
Futur africain, l'effacement d'une dette sénégalaise de dix milliards
de FCFA, l'octroi annuel de 60 à 70 bourses aux étudiants sénégalais
et l'envoi imminent d'une équipe médicale chinoise, sans compter un
don de 200 000 dollars (100 millions de FCFA) aux victimes des dernières
inondations à Dakar.
Sur un plan général, Li Zhaoxing a déclaré que son
pays s'était engagé récemment à Genève à contribuer à l'alimentation du
Fonds de Solidarité numérique, une structure créée à l'initiative du
chef de l'Etat sénégalais, maître Abdoulaye Wade.
Le chef de la diplomatie chinoise et son homologue
sénégalais Cheikh Tidiane Gadio ont coprésidé, le 13 janvier dernier, en
présence du nouvel ambassadeur de Chine, Lu Shaye, l'inauguration de
l'ambassade de Chine, rouverte sur l'ancienne chancellerie qui a fait peau
neuve aujourd'hui. A cette occasion, le ministre sénégalais des Affaires
étrangères a annoncé que l'ambassade du Sénégal à Beijing pourrait rouvrir
ses portes au cours du premier semestre de cette année.
Le Premier ministre sénégalais Macky Sall et les
chefs de l'armée sénégalaise et du secteur économique et commercial, lors
de leur rencontre avec le ministre chinois, ont tous magnifié la
reprise des relations entre Dakar et Beijing, et se sont déclarés
convaincus que ces relations connaîtront un nouvel élan dans les
jours à venir.
Auparavant, une mission d'inspection économique et
commerciale chinoise avait discuté avec la partie sénégalaise des détails
concernant la reprise de la coopération entre Beijing et Dakar.
Le 22 décembre dernier, au cours d'une cérémonie
solennelle et émouvante, le drapeau chinois a été hissé à nouveau dans le
ciel de Dakar, au-dessus des locaux de l'ambassade de Chine, marquant
ainsi le redémarrage officiel de la gestion des affaires courantes de
la représentation diplomatique chinoise au Sénégal, après une décennie de
fermeture. A cette occasion, Wang Tongqing, alors chargé d'affaires par
intérim, a souligné : "La normalisation des relations entre Beijing et
Dakar est conforme aux aspirations et aux intérêts fondamentaux des deux
peuples. Cet événement a ouvert la voie à la coopération tout azimut entre
les deux pays". "Les échanges sino-sénégalais connaîtront à coup sûr une
reprise complète et un développement général dans les domaines aussi
divers que la politique, l'économie, le commerce, l'éducation et la
santé", a-t-il affirmé.
En effet, avant le "divorce" entre les deux pays, la
Chine a fourni au Sénégal quatre importants crédits sans intérêt,
destinés à la réalisation de plusieurs projets de construction dont
notamment le stade de l'Amitié à Dakar, l'envoi d'une dizaine
d'équipes médicales, le barrage d'Affiniam en Casamance (sud),
la promotion de la riziculture, l'installation de centres culturels.
Sur le terrain de la coopération mutuellement avantageuse, deux
entreprises publiques chinoises, en l'occurrence la Compagnie de
pêche Chine-Afrique et la Société des travaux de construction du
Henan, travaillaient aux côtés de leurs partenaires sénégalais. Sur
le plan culturel, les échanges étaient légion : plus de 40 projets ont été
concrétisés dans les domaines aussi divers que le sport, l'information,
l'éducation, les études littéraires et les arts. Des professeurs chinois
enseignaient à l'Université de Dakar et à celle de Thiès, alors que des
étudiants sénégalais, nantis de bourses du gouvernement chinois,
apprenaient en Chine des disciplines telles que l'industrie textile,
l'hydraulique, la météorologie, la minéralogie et la médecine.
On rappelle que les deux pays avaient rompu leurs
relations diplomatiques en janvier 1996, suite à la reconnaissance de
Taïwan par Dakar.
Mais le 25 octobre 2005, "l'erreur diplomatique" a
été corrigée et la justice a triomphé. En des termes non équivoques,
l'accord signé ce jour-là à Beijing sur le rétablissement des relations
diplomatiques entre les deux pays stipule que le gouvernement de la
République du Sénégal reconnaît qu'il n'y a qu'une seule Chine dans le
monde, que le gouvernement de la République populaire de Chine est
l'unique gouvernement légal représentant toute la Chine et que Taiwan fait
partie intégrante du territoire chinois. Fin