Pleins feux sur les relations sino-sénégalaises après l'événement  du 25 octobre dernier (SYNTHESE)  Par CHEN Shun
  2006-01-22 11:10:46
 

     Par CHEN Shun  

     DAKAR, 21 janvier (XINHUANET) -- Les relations sino-sénégalaises  ont pris une vitesse de croisière dans leur développement, après  le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays  au niveau d'ambssadeurs, le 25 octobre 2005. 

     Le ministre chinois des Affaires étrangères, Li Zhaoxing, a  annoncé, lors de sa visite officielle des 12 et 13 janvier au  Sénégal, un train de mesures visant à relancer et à renforcer la  coopération tout azimut entre la Chine et le Sénégal. On notait,  entre autres, une enveloppe de deux milliards de FCFA sous forme  d'une subvention non remboursable devant être investie notamment  dans les infrastructures, la construction de l'Université du Futur africain, l'effacement d'une dette sénégalaise de dix milliards de FCFA, l'octroi annuel de 60 à 70 bourses aux étudiants sénégalais  et l'envoi imminent d'une équipe médicale chinoise, sans compter  un don de 200 000 dollars (100 millions de FCFA) aux victimes des  dernières inondations à Dakar.  

     Sur un plan général, Li Zhaoxing a déclaré que son pays s'était engagé récemment à Genève à contribuer à l'alimentation du Fonds  de Solidarité numérique, une structure créée à l'initiative du  chef de l'Etat sénégalais, maître Abdoulaye Wade. 

     Le chef de la diplomatie chinoise et son homologue sénégalais  Cheikh Tidiane Gadio ont coprésidé, le 13 janvier dernier, en  présence du nouvel ambassadeur de Chine, Lu Shaye, l'inauguration  de l'ambassade de Chine, rouverte sur l'ancienne chancellerie qui  a fait peau neuve aujourd'hui. A cette occasion, le ministre  sénégalais des Affaires étrangères a annoncé que l'ambassade du  Sénégal à Beijing pourrait rouvrir ses portes au cours du premier  semestre de cette année. 

     Le Premier ministre sénégalais Macky Sall et les chefs de  l'armée sénégalaise et du secteur économique et commercial, lors  de leur rencontre avec le ministre chinois, ont tous magnifié la  reprise des relations entre Dakar et Beijing, et se sont déclarés  convaincus que ces relations connaîtront un nouvel élan dans les  jours à venir. 

     Auparavant, une mission d'inspection économique et commerciale  chinoise avait discuté avec la partie sénégalaise des détails  concernant la reprise de la coopération entre Beijing et Dakar. 

     Le 22 décembre dernier, au cours d'une cérémonie solennelle et  émouvante, le drapeau chinois a été hissé à nouveau dans le ciel  de Dakar, au-dessus des locaux de l'ambassade de Chine, marquant  ainsi le redémarrage officiel de la gestion des affaires courantes de la représentation diplomatique chinoise au Sénégal, après une  décennie de fermeture. A cette occasion, Wang Tongqing, alors  chargé d'affaires par intérim, a souligné : "La normalisation des  relations entre Beijing et Dakar est conforme aux aspirations et  aux intérêts fondamentaux des deux peuples. Cet événement a ouvert la voie à la coopération tout azimut entre les deux pays". "Les  échanges sino-sénégalais connaîtront à coup sûr une reprise  complète et un développement général dans les domaines aussi  divers que la politique, l'économie, le commerce, l'éducation et  la santé", a-t-il affirmé. 

     En effet, avant le "divorce" entre les deux pays, la Chine a  fourni au Sénégal quatre importants crédits sans intérêt, destinés à la réalisation de plusieurs projets de construction dont  notamment le stade de l'Amitié à Dakar, l'envoi d'une dizaine  d'équipes médicales, le barrage d'Affiniam en Casamance (sud), la promotion de la riziculture, l'installation de centres culturels.  Sur le terrain de la coopération mutuellement avantageuse, deux  entreprises publiques chinoises, en l'occurrence la Compagnie de  pêche Chine-Afrique et la Société des travaux de construction du  Henan, travaillaient aux côtés de leurs partenaires sénégalais.  Sur le plan culturel, les échanges étaient légion : plus de 40  projets ont été concrétisés dans les domaines aussi divers que le  sport, l'information, l'éducation, les études littéraires et les  arts. Des professeurs chinois enseignaient à l'Université de Dakar et à celle de Thiès, alors que des étudiants sénégalais, nantis de bourses du gouvernement chinois, apprenaient en Chine des  disciplines telles que l'industrie textile, l'hydraulique, la  météorologie, la minéralogie et la médecine. 

     On rappelle que les deux pays avaient rompu leurs relations  diplomatiques en janvier 1996, suite à la reconnaissance de Taïwan par Dakar.  

     Mais le 25 octobre 2005, "l'erreur diplomatique" a été corrigée et la justice a triomphé. En des termes non équivoques, l'accord  signé ce jour-là à Beijing sur le rétablissement des relations  diplomatiques entre les deux pays stipule que le gouvernement de  la République du Sénégal reconnaît qu'il n'y a qu'une seule Chine  dans le monde, que le gouvernement de la République populaire de  Chine est l'unique gouvernement légal représentant toute la Chine  et que Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. Fin