ABIDJAN, 17 janvier (XINHUANET) -- Le président du
Front popoulaire ivoirien (FPI, parti au pouvoir), Pascal Affi
N'Guessan, a qualifié mardi de "coup d'Etat" la conclusion du Groupe de
travail international (GTI) sur le mandat du parlement ivoirien.
"Le GTI entre dans la logique de coup d'Etat, nous
ne saurions cautionner ce coup d'Etat", a indiqué M. Affi N'Guessan sur la
télévision nationale.
A l'issue de sa troisième réunion mensuelle à
Abidjan, le GTI, chargé de surveiller la transition ivoirienne, avait
conclu dimanche que le mandat du Parlement ivoirien "n'a pas à être
prolongé" en raison d'un manque de "moyen légal".
"Le GTI n'a pas cette compétence de décider de
l'avenir des institutions ivoiriennes. La mission du GTI est une mission
d'évaluation et de contrôle en vue de faire des recommandations
au Conseil de sécurité des Nations unies, au Conseil de paix et de
sécurité de l'Union africaine", a précisé M. Affi N'Guessan.
"Cette décision est nulle parce qu'elle est en
violation de la résolution 1633 (de l'Onu). Dans cette résolution, qui a
créé par ailleurs le GTI, il est clairement mentionné que les institutions
doivent fonctionner normalement jusqu'aux prochaines électons",
a- t-il poursuivi.
L'avis du Conseil constitutionnel indique clairement
que l'Assemblée nationale (Parlement) "se réunit de pleins pouvoirs
jusqu'à la fin de la crise". En prenant sa décison, le GTI
" s'attaque à la Constitution ivoirienne", a-t-il ajouté.
"Cette agression n'est que la première phrase d'un
processus de mettre sous tutelle la Côte d'Ivoire", a souligné M. Affi
N'Guessan, exhortant les "démocrates" et les "patriotes" à demeurer
"mobilisés".
Le président du FPI a également demandé à toutes les
institutions d'"assumer leur responsabilité", de "réagir" et de
" faire valoir leur droits" devant la conclusion du GTI.
Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI,
opposition) a estimé que "la décision prise par le GTI n'est pas conforme
aux dispositions de la résolution 1633 du Conseil de sécurité", a
déclaré Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du parti.
La résolution 1633 "demande au GTI de voir avec les
acteurs politiques ivoiriens comment les institutions ivoiriennes peuvent
fonctionner normalement jusqu'aux prochaines élections. Delà, à
poser la question de leur existence, c'est deux choses tout à
fait différentes", a expliqué M. Djédjé Mady.
"La réaction des Ivoiriens peut se comprendre. Mais
au niveau du PDCI, nous pensons que la gestion de ce problème n'est pas
dans la violence", a ajouté M. Djédjé Mady.
Les manifestations contre le GTI se poursuivent
mardi en Côte d'Ivoire. La paralysie que la ville d'Abidjan a subie à la
veille continue. Des centaines de manifestants se réunissent devant
l'ambassade de France à Abidjan.
Selon une source bien informée, le Premier ministre
ivoirien Charles Konan Banny devra rencontrer mardi en début de
l'après- midi une délégation des manifestants. Fin