Côte d'Ivoire : le parti au pouvoir qualifie la décision du GTI de "coup d'Etat"
  2006-01-18 13:42:38
 

     ABIDJAN, 17 janvier (XINHUANET) -- Le président du Front  popoulaire ivoirien (FPI, parti au pouvoir), Pascal Affi N'Guessan, a qualifié mardi de "coup d'Etat" la conclusion du Groupe de  travail international (GTI) sur le mandat du parlement ivoirien. 

     "Le GTI entre dans la logique de coup d'Etat, nous ne saurions cautionner ce coup d'Etat", a indiqué M. Affi N'Guessan sur la  télévision nationale. 

     A l'issue de sa troisième réunion mensuelle à Abidjan, le GTI, chargé de surveiller la transition ivoirienne, avait conclu  dimanche que le mandat du Parlement ivoirien "n'a pas à être  prolongé" en raison d'un manque de "moyen légal". 

     "Le GTI n'a pas cette compétence de décider de l'avenir des  institutions ivoiriennes. La mission du GTI est une mission  d'évaluation et de contrôle en vue de faire des recommandations au Conseil de sécurité des Nations unies, au Conseil de paix et de  sécurité de l'Union africaine", a précisé M. Affi N'Guessan.  

     "Cette décision est nulle parce qu'elle est en violation de la résolution 1633 (de l'Onu). Dans cette résolution, qui a créé par  ailleurs le GTI, il est clairement mentionné que les institutions  doivent fonctionner normalement jusqu'aux prochaines électons", a- t-il poursuivi. 

     L'avis du Conseil constitutionnel indique clairement que  l'Assemblée nationale (Parlement) "se réunit de pleins pouvoirs  jusqu'à la fin de la crise". En prenant sa décison, le GTI " s'attaque à la Constitution ivoirienne", a-t-il ajouté. 

     "Cette agression n'est que la première phrase d'un processus  de mettre sous tutelle la Côte d'Ivoire", a souligné M. Affi  N'Guessan, exhortant les "démocrates" et les "patriotes" à  demeurer "mobilisés". 

     Le président du FPI a également demandé à toutes les  institutions d'"assumer leur responsabilité", de "réagir" et de " faire valoir leur droits" devant la conclusion du GTI. 

     Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, opposition) a  estimé que "la décision prise par le GTI n'est pas conforme aux  dispositions de la résolution 1633 du Conseil de sécurité", a  déclaré Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du parti. 

     La résolution 1633 "demande au GTI de voir avec les acteurs  politiques ivoiriens comment les institutions ivoiriennes peuvent  fonctionner normalement jusqu'aux prochaines élections. Delà, à  poser la question de leur existence, c'est deux choses tout à fait différentes", a expliqué M. Djédjé Mady. 

     "La réaction des Ivoiriens peut se comprendre. Mais au niveau  du PDCI, nous pensons que la gestion de ce problème n'est pas dans la violence", a ajouté M. Djédjé Mady. 

     Les manifestations contre le GTI se poursuivent mardi en Côte  d'Ivoire. La paralysie que la ville d'Abidjan a subie à la veille  continue. Des centaines de manifestants se réunissent devant  l'ambassade de France à Abidjan. 

     Selon une source bien informée, le Premier ministre ivoirien  Charles Konan Banny devra rencontrer mardi en début de l'après- midi une délégation des manifestants. Fin