ABIDJAN, 15 janvier (XINHUANET) -- Le Groupe de travail
international (GTI), mécanisme ministériel chargé de surveiller
la transition ivoirienne, s'est déclaré dimanche à Abidjan
défavorable à la prolongation du mandat du Parlement ivoirien sur
fond de manifestations violentes.
"Le GTI a tiré la conclusion que le mandat de
l'Assemblée nationale (Parlement ivoirien), qui a expiré le 16 décembre
2005 n'a pas à être prolongé", indique le communiqué publié à l'issue
de la troisième réunion mensuelle de ce groupe multinational.
Cette conclusion est "une opinion à l'unanimité
parmi les membres du GTI", a fait remarquer Oluyemi Adeniji, ministre
nigérian des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse à
Abidjan.
"Le groupe (GTI) a bien consulté les partis
ivoiriens. Notre conclusion, c'est qu'il n'y avait pas un consensus parmi
même les parties ivoiriennes sur la prolongation du mandat de l'Assemblée
nationale", a dit M. Adeniji, l'un des deux présidents du GTI.
"La plupart des gens pensent que le mandat (du
Parlement ivoirien) ne doit pas être prolongé. (...) Je pense que notre
sentiment est bien fondé", a-t-il expliqué.
"Beaucoup d'experts juridiques pensent qu'il n'y a
pas un moyen légal pour prolonger le mandat des institutions élues", a
ajouté M. Adeniji, invitant les médias ivoiriens à éviter d'" exciter
les gens".
En alternative, le GTI recommande au Premier
ministre Charles Konan Banny de consulter le président Laurent Gbagbo
avant de confier aux anciens députés des missions spécifiques, se fondant
sur leur expérience, en vue de la promotion de la paix et de la
réconciliation nationale.
Il s'agit d'une "suggestion", a commenté Pierre
Schori, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour
la Côte d'Ivoire, qui co-préside le GTI avec M. Adeniji.
Le Parlement ivoirien compte 223 députés, dont 204
siègent effectivement. Son mandat a été ouvert le 22 janvier 2001.
A la demande du président Laurent Gbagbo, le Conseil
constitutionnel ivoirien a fait publier, en décembre dernier, un
" avis", selon lequel le Parlement ivoirien continuera son
fonctionnement de pleins pouvoirs.
Manifestation violentes contre le GTI
Aucune partie ivoirienne, ni autorité n'a pas
officiellement réagi dimanche soir à la conclusion du GTI. Mais selon des
observateurs locaux, elle pourrait "chauffer encore la
situation", alors que des "jeunes patriotes" ivoiriens, partisans du
président Laurent Gbagbo, ont déjà violemment manifesté contre le GTI dans
la journée.
Malgré une interdiction de toute manifestation sur
les voies publiques d'Abidjan, annoncée à la télévision nationale à la
veille, des dizaines de "jeunes patriotes" ivoiriens ont manifesté à
quelques kilomètres du lieu de la réunion, selon des témoins contactés par
l'agence Xinhua (Chine nouvelle).
Ils ont attaqué avec des pierres et des bois une
voiture de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui
servait de véhicule de commandement du cortège du Premier
ministre ivoirien Charles Konan Banny, lorsque ce dernier se déplaçait
pour assister à la réunion du GTI, ont précisé ces témoins.
Au total, trois véhicules de l'Onuci ont été
endommagés par des manifestants dans de différents quartiers d'Abidjan,
a-t-on appris d'une source de l'Onuci.
Ces incidents interviennent alors que le groupe
parlementaire du Front populaire ivoirien (FPI, parti au pouvoir) a rejeté
par avance mercredi dernier toute décision ou recommandation du GTI
qui "serait contraire aux dispositions de la Constitution ivoirienne
et tendrait à porter atteinte à la souveraineté de la Côte
d'Ivoire".
Pour le groupe parlementaire FPI, "le débat sur la
prorogation du mandat parlementaire est clos", et "le Parlement reste en
fonction dans sa composition actuelle et avec tous ses pouvoirs
jusqu'aux prochaines élections législatives". Fin