Côte d'Ivoire : Le GTI défavorable à la prolongation du mandat du  Parlement (PAPIER GENERAL)
  2006-01-16 11:10:21
 

     ABIDJAN, 15 janvier (XINHUANET) -- Le Groupe de travail  international (GTI), mécanisme ministériel chargé de surveiller la transition ivoirienne, s'est déclaré dimanche à Abidjan  défavorable à la prolongation du mandat du Parlement ivoirien sur  fond de manifestations violentes. 

     "Le GTI a tiré la conclusion que le mandat de l'Assemblée  nationale (Parlement ivoirien), qui a expiré le 16 décembre 2005  n'a pas à être prolongé", indique le communiqué publié à l'issue  de la troisième réunion mensuelle de ce groupe multinational. 

     Cette conclusion est "une opinion à l'unanimité parmi les  membres du GTI", a fait remarquer Oluyemi Adeniji, ministre  nigérian des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse  à Abidjan. 

     "Le groupe (GTI) a bien consulté les partis ivoiriens. Notre  conclusion, c'est qu'il n'y avait pas un consensus parmi même les  parties ivoiriennes sur la prolongation du mandat de l'Assemblée  nationale", a dit M. Adeniji, l'un des deux présidents du GTI. 

     "La plupart des gens pensent que le mandat (du Parlement  ivoirien) ne doit pas être prolongé. (...) Je pense que notre  sentiment est bien fondé", a-t-il expliqué. 

     "Beaucoup d'experts juridiques pensent qu'il n'y a pas un  moyen légal pour prolonger le mandat des institutions élues", a  ajouté M. Adeniji, invitant les médias ivoiriens à éviter d'" exciter les gens". 

     En alternative, le GTI recommande au Premier ministre Charles  Konan Banny de consulter le président Laurent Gbagbo avant de  confier aux anciens députés des missions spécifiques, se fondant  sur leur expérience, en vue de la promotion de la paix et de la  réconciliation nationale. 

     Il s'agit d'une "suggestion", a commenté Pierre Schori,  représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour  la Côte d'Ivoire, qui co-préside le GTI avec M. Adeniji. 

     Le Parlement ivoirien compte 223 députés, dont 204 siègent  effectivement. Son mandat a été ouvert le 22 janvier 2001.  

     A la demande du président Laurent Gbagbo, le Conseil  constitutionnel ivoirien a fait publier, en décembre dernier, un " avis", selon lequel le Parlement ivoirien continuera son  fonctionnement de pleins pouvoirs. 

      

     Manifestation violentes contre le GTI  

      

     Aucune partie ivoirienne, ni autorité n'a pas officiellement  réagi dimanche soir à la conclusion du GTI. Mais selon des  observateurs locaux, elle pourrait "chauffer encore la situation", alors que des "jeunes patriotes" ivoiriens, partisans du président Laurent Gbagbo, ont déjà violemment manifesté contre le GTI dans  la journée. 

     Malgré une interdiction de toute manifestation sur les voies  publiques d'Abidjan, annoncée à la télévision nationale à la  veille, des dizaines de "jeunes patriotes" ivoiriens ont manifesté à quelques kilomètres du lieu de la réunion, selon des témoins  contactés par l'agence Xinhua (Chine nouvelle). 

     Ils ont attaqué avec des pierres et des bois une voiture de  l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui  servait de véhicule de commandement du cortège du Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny, lorsque ce dernier se déplaçait pour assister à la réunion du GTI, ont précisé ces témoins. 

     Au total, trois véhicules de l'Onuci ont été endommagés par  des manifestants dans de différents quartiers d'Abidjan, a-t-on  appris d'une source de l'Onuci. 

     Ces incidents interviennent alors que le groupe parlementaire  du Front populaire ivoirien (FPI, parti au pouvoir) a rejeté par  avance mercredi dernier toute décision ou recommandation du GTI  qui "serait contraire aux dispositions de la Constitution  ivoirienne et tendrait à porter atteinte à la souveraineté de la  Côte d'Ivoire". 

     Pour le groupe parlementaire FPI, "le débat sur la prorogation du mandat parlementaire est clos", et "le Parlement reste en  fonction dans sa composition actuelle et avec tous ses pouvoirs  jusqu'aux prochaines élections législatives". Fin