ABIDJAN, 15 janvier (XINHUANET) -- Des "jeunes
patriotes" ivoiriens, partisans du président Laurent Gbagbo, ont
violemment manifesté dimanche contre la tenue de la troisième réunion
mensuelle du Groupe de travail international (GTI), mécanisme
ministériel chargé de surveiller la transition ivoirienne.
Malgré une interdiction de toute manifestation sur
les voies publiques d'Abidjan, annoncée à la télévision nationale à la
veille de la réunion, des dizaines de "jeunes patriotes"
ivoiriens ont tenté de se rendre à l'Hôtel du Golfe, où se tiendra la
réunion du GTI.
Ces manifestants ont été bloqués par un dispositif
de sécurité mis en place par les forces de l'ordre ivoiriennes à un
carrefour à quelques kilomètres de l'hôtel, selon des témoins contactés
par l'agence Xinhua (Chine nouvelle).
Ils ont attaqué avec des pierres et des bois une
voiture de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui
servait de véhicule de commandement du cortège du Premier
ministre ivoirien Charles Konan Banny, lorsque ce dernier se rendait à
l'hôtel pour assister à la réunion du GTI en tant qu'invité, ont
précisé ces témoins.
Au total, trois véhicules de l'Onuci ont été
endommagés par des manifestants dans de différents quartiers d'Abidjan,
a-t-on appris d'une source de l'Onuci.
En prévision de tout incident, la réunion, qui s'est
déroulée en novembre et en décembre au quartier administratif et
commercial du Plateau, a été transmise à Riviéra, quartier situé plus loin
du centre d'Abidjan, a expliqué cette source.
Ces incidents interviennent alors que le groupe
parlementaire du Front populaire ivoirien (FPI, parti au pouvoir) a rejeté
en avance mercredi dernier toute décision ou recommandation du GTI
qui "serait contraire aux dispositions de la Constitution ivoirienne
et tendrait à porter atteinte à la souveraineté de la Côte
d'Ivoire".
Le Parlement ivoirien compte 223 députés, dont 204
siègent effectivement. Son mandat a été ouvert le 22 janvier 2001 et
devait prendre fin le 16 décembre 2005.
A la demande du président Laurent Gbagbo, le Conseil
constitutionnel ivoirien a fait publier, en décembre dernier, un
" avis", selon lequel le Parlement ivoirien continuera son
fonctionnement de pleins pouvoirs.
Pour le groupe parlementaire FPI, "le débat sur la
prorogation du mandat parlementaire est clos", et "le Parlement reste en
fonction dans sa composition actuelle et avec tous ses pouvoirs
jusqu'aux prochaines élections législatives.
A l'issue de sa réunion mensuelle tenue dimanche à
Abidjan, le GTI a conclu que le mandat du Parlement ivoirien "n'a pas à
être prolongé".
Cette opnion "à l'unanimité" au sein du GTI est bien
fondée sur les consultations avec les parties ivoiriennes et des experts
juridiques, a indiqué Oluyemi Adeniji, ministre nigérian des
Affaires étrangères et co-président de ce groupe.
Il ne s'agit que d'une "suggestion", a souligné
Pierre Schori, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies
pour la Côte d'Ivoire et qui co-préside le GTI.
Pour l'instant, les autorités ivoiriennes n'ont pas
officiellement réagi, dans la soirée de dimanche, à cette
conclusion. Selon des observateurs locaux, elle pourrait
"chauffer encore la situation". Fin