DAKAR, 3 janvier (XINHUANET) -- L'encours de la dette
du Mali en 1968 était de 55 milliards de F CFA. En 2003, ce montant a
atteint 1766 milliards et le service de la dette en 2005 s'élève à 90,69
milliards. Pour rembourser cette ardoise salée, il faudra le
sacrifice de quatre générations maliennes, soit sur près de 106
ans,indique mardi le journal malien "Les Echocs".
Ce bilan procède d'une étude réalisée par la
Coalition des alter-natives africaines, dette et développement (CAD-Mali)
et inscrite dans le cadre de la stratégie Initiatives locales
d'éducation populaire et des alter-natives.
Le document, volumineux d'une centaine de pages
comporte 4 parties : évolution historique de la dette extérieure du Mali
de 1960 à 2004, analyse de la dette extérieure du Mali de 1994 à
2004, les impacts des programmes d'ajustement structurel et les
stratégies de réduction de la pauvreté, les alternatives au
surendettement et les axes de plaidoyer.
Les plans d'ajustement structurel n'ont pas produit
de miracles. Au contraire, il a été observé 10 000 pertes d'emplois avec la
privatisation et la liquidation des sociétés et entreprises
d'Etat. De même, la promesse d'allégement de 40 % du stock de la dette
extérieure par la France et la décision de réduction de 70 millions
de dollars consentis par la Club de Paris en mars 2003 et l'annulation de
37 milliards de dollars de dette en mars 2004 du Mali à l'égard du Japon
dans le cadre de l'initiative PPTE n'ont pas permis d'apaiser les
souffrances des populations dues au fardeau de la dette.
Le document souligne qu'après 20 ans d'ajustement
structurel, il n'existe pour le Mali aucun espoir de sortie du carcan de
la dette.Dans l'hypothèse la plus optimiste, le Mali ne pourrait
payer la totalité de ses dettes qu'au bout de 45 ans, dans
l'hypothèse pessimiste surtout avec la détérioration de la situation
économique du pays, ce délai serait de 106 ans, soit sur quatre
générations.
C'est pourquoi, la CAD-Mali priorise l'annulation de
la dette comme support essentiel à la décision de la communauté
internationale et de l'Union africaine d'éradiquer la pauvreté.
Cette étude a déjà fait l'objet d'un atelier de restitution mercredi
dernier par trois experts (Georges Kéita, Amadou Dao du rectorat et
Mamadou Lamine Traoré, inspecteur des services économiques) au siège de
CAD-Mali. Fin