Mali : quatre générations pour rembourser la dette en 106 ans
  2006-01-04 09:34:22
 

     DAKAR, 3 janvier (XINHUANET) -- L'encours de la dette du Mali en  1968 était de 55 milliards de F CFA. En 2003, ce montant a atteint 1766 milliards et le service de la dette en 2005 s'élève à 90,69  milliards. Pour rembourser cette ardoise salée, il faudra le  sacrifice de quatre générations maliennes, soit sur près de 106  ans,indique mardi le journal malien "Les Echocs". 

     Ce bilan procède d'une étude réalisée par la Coalition des  alter-natives africaines, dette et développement (CAD-Mali) et  inscrite dans le cadre de la stratégie Initiatives locales  d'éducation populaire et des alter-natives. 

     Le document, volumineux d'une centaine de pages comporte 4  parties : évolution historique de la dette extérieure du Mali de  1960 à 2004, analyse de la dette extérieure du Mali de 1994 à 2004, les impacts des programmes d'ajustement structurel et les  stratégies de réduction de la pauvreté, les alternatives au  surendettement et les axes de plaidoyer. 

     Les plans d'ajustement structurel n'ont pas produit de miracles. Au contraire, il a été observé 10 000 pertes d'emplois avec la  privatisation et la liquidation des sociétés et entreprises d'Etat. De même, la promesse d'allégement de 40 % du stock de la dette  extérieure par la France et la décision de réduction de 70  millions de dollars consentis par la Club de Paris en mars 2003 et l'annulation de 37 milliards de dollars de dette en mars 2004 du  Mali à l'égard du Japon dans le cadre de l'initiative PPTE n'ont  pas permis d'apaiser les souffrances des populations dues au  fardeau de la dette. 

     Le document souligne qu'après 20 ans d'ajustement structurel,  il n'existe pour le Mali aucun espoir de sortie du carcan de la  dette.Dans l'hypothèse la plus optimiste, le Mali ne pourrait  payer la totalité de ses dettes qu'au bout de 45 ans, dans  l'hypothèse pessimiste surtout avec la détérioration de la  situation économique du pays, ce délai serait de 106 ans, soit sur quatre générations. 

     C'est pourquoi, la CAD-Mali priorise l'annulation de la dette  comme support essentiel à la décision de la communauté  internationale et de l'Union africaine d'éradiquer la pauvreté.  Cette étude a déjà fait l'objet d'un atelier de restitution  mercredi dernier par trois experts (Georges Kéita, Amadou Dao du  rectorat et Mamadou Lamine Traoré, inspecteur des services  économiques) au siège de CAD-Mali. Fin