KINSHASA, 17 décembre (XINHUANET) -- La RDCongo tiendra
le 18 décembre 2005 un référendum constitutionnel en vue de jeter la
base légale pour la fin de sa Transition.
La Transition congolaise a commencé le 30 juin 2003,
sur les ruines de cinq ans de guerre qui avait fait trois millions de
morts et 2,5 millions de déplacés. La RDCongo, avec une superficie de
2,3 millions de km2 et une population de 60 millions d'habitants, n'a
réalisé qu'un Produit intérieur brut par tête de 100 dollars, bien qu'il
réunisse toutes les conditions nécessaires pour le développement agricole,
dont ensoleillement, eau et sol, ainsi que toutes les conditions
nécessaires pour le développement industriel, dont hydro-électricité et
ressources minières.
Face à cette situation, les Congolais sont parvenus
à des compromis pour établir un gouvernement de réconciliation à la
formule "1 + 4", soit un chef de l'Etat et quatre vice-présidents
issus sur différents mouvements politico-militaires, pour réaliser la
paix, pour mettre deux ans de transition et un maximum d'un an de
prolongation dans la transformation du système politique, accomplir la
passation du pouvoir le 30 juin 2006 au plus tard.
Pour la paix en RDCongo, la communauté
internationale n'a ménagé aucun effort. Depuis le déploiement de la
Mission en RDCongo (Monuc) en 1999, l'Onu y a dépensé un total de quatre
milliards de dollars, dont près d'un milliard en 2005, soit un quart
du budget de l'Onu pour ses 18 opérations de maintien de la paix en cours
dans le monde entier. Pour aider la RDCongo à organiser des élections, la
communauté internationale a en outre débloqué 400 millions de
dollars.
En mai dernier, le Parlement congolais a adopté la
nouvelle Constitution, dont le sort définitif dépendra des résultats du
référendum.
La nouvelle Constitution stipule que la RDCongo est
un Etat unitaire et fédéral, et souligne le partage du pouvoir et la
décentralisation.
La nouvelle Constitution stipule que la RDCongo
pratique le système "président + Premier ministre". Le chef de l'Etat est
élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans
renouvenable une seule fois. Le président nomme le Premier ministre
après consultation de la majorité parlementaire. Le gouvernement définit,
en concertation avec le président de la République, la politique de la
Nation.
La nouvelle Constitution stipule que la RDCongo est
composée de la ville-capitale de Kinshasa et de 25 provinces, contre dix
provinces à l'heure actuelle.
Le scrutin référendaire détermine le processus
électoral
La RDCongo a commencé le 20 juin dernier ses
opérations d'enregistrement d'électeurs, dans le cadre des préparatifs
pour les élections au premier semestre de l'an prochain. Quelque 24,87
millions de Congolais se sont inscrits comme électeurs jusqu'au
14 décembre courant.
La nouvelle Constitution constitue la base légale de
tout le processus électoral de la RDCongo et de son entrée dans une
nouvelle ère. Le référendum signifie que les Congolais
bénéficient pour la première fois depuis 1964 des droits
démocratiques.
A ce moment historique, les Congolais sont divisés
face à des défaillances de la Constitution.
Le président Joseph Kabila, les vice-présidents
Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa issus des anciennes rébellions du
Mouvement de libération du Congo (MLC) et du Rassemblement congolais
pour la démocratie (RCD), le technocrate de renom et figure d'une
importante alliance politique Pierre Pay Pay ont appelé leurs militants à
voter oui à la Constitution, pour que le processus électoral puisse se
poursuivre et que la Transition aboutisse à sa fin.
La communauté internationale prend une position
pareille. Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a indiqué vendredi
que le référendum "marquera le début d'un processus électoral longuement
attendu, faisant suite à de longues années de conflit, d'instabilité
et de souffrances". L'ambassadeur britannique en RDCongo, Andy Sparkers, a
signalé que "si le pays vote oui, on peut compléter le processus électoral
avant le 30 juin 2006, date de la fin de la période de transition,
conformément à l'Accord global et inclusif" conclu en 2002 entre Congolais
pour donner naissance à la Transition.
De l'autre côté, certains hommes politiques
congolais ont critiqué les défaillances de la nouvelle Constitution pour
laisser des amorces aux conflits dans l'avenir et appelé leurs militants
à voter non. Devant le comportement très actif de certains
représentants de l'Occident, ils se sont demandé si les
prochaines élections seraient plus occidentales que congolaises.
L'ambassadeur Sparkes a reconnu que "si le pays vote non, il va
falloir réviser l'avant-projet de Constitution et on ne pourra
pas achever la transition dans les délais prévus".
D'autres hommes politiques congolais qui boudent ont
appelé leurs militants à boycotter le scrutin référendaire. Selon la
porte-parole adjointe de la Monuc, Rachel Eklou-Assogbavi,
l'abstention n'aura pas d'effet sur le résultat du scrutin, mais la
légitimité de la Constitution sera mise en cause, si le pourcentage des
abstentions est très élevé.
Le scrutin référendaire sur la nouvelle Constitution
constitue le premier pas du processus électoral en RDCongo et détermine la
possibilité d'élaborer la Loi électorale et d'organiser les
élections locales et les générales d'ici six mois. Qui plus est, il
existe une autre question à réfléchir : si la nouvelle Constitution
congolaise est désapprouvée lors du référendum, si la Transition congolaise
est prolongée pour cette raison, est-ce que la communauté internationale
continuera à jeter bon nombre de ressources humaines et financières dans
l'appui au processus de paix en RDCongo ? Fin