RDCongo : la Transition mise en épreuve par le référendum  constitutionnel (papier d'angle)
  2005-12-18 13:28:35
 

     KINSHASA, 17 décembre (XINHUANET) -- La RDCongo tiendra le 18  décembre 2005 un référendum constitutionnel en vue de jeter la  base légale pour la fin de sa Transition. 

     La Transition congolaise a commencé le 30 juin 2003, sur les  ruines de cinq ans de guerre qui avait fait trois millions de  morts et 2,5 millions de déplacés. La RDCongo, avec une superficie de 2,3 millions de km2 et une population de 60 millions  d'habitants, n'a réalisé qu'un Produit intérieur brut par tête de  100 dollars, bien qu'il réunisse toutes les conditions nécessaires pour le développement agricole, dont ensoleillement, eau et sol,  ainsi que toutes les conditions nécessaires pour le développement  industriel, dont hydro-électricité et ressources minières.  

     Face à cette situation, les Congolais sont parvenus à des  compromis pour établir un gouvernement de réconciliation à la  formule "1 + 4", soit un chef de l'Etat et quatre vice-présidents  issus sur différents mouvements politico-militaires, pour réaliser la paix, pour mettre deux ans de transition et un maximum d'un an  de prolongation dans la transformation du système politique,  accomplir la passation du pouvoir le 30 juin 2006 au plus tard. 

     Pour la paix en RDCongo, la communauté internationale n'a  ménagé aucun effort. Depuis le déploiement de la Mission en  RDCongo (Monuc) en 1999, l'Onu y a dépensé un total de quatre  milliards de dollars, dont près d'un milliard en 2005, soit un  quart du budget de l'Onu pour ses 18 opérations de maintien de la  paix en cours dans le monde entier. Pour aider la RDCongo à  organiser des élections, la communauté internationale a en outre  débloqué 400 millions de dollars. 

     En mai dernier, le Parlement congolais a adopté la nouvelle  Constitution, dont le sort définitif dépendra des résultats du  référendum. 

     La nouvelle Constitution stipule que la RDCongo est un Etat  unitaire et fédéral, et souligne le partage du pouvoir et la  décentralisation. 

     La nouvelle Constitution stipule que la RDCongo pratique le  système "président + Premier ministre". Le chef de l'Etat est élu  au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans  renouvenable une seule fois. Le président nomme le Premier  ministre après consultation de la majorité parlementaire. Le  gouvernement définit, en concertation avec le président de la  République, la politique de la Nation. 

     La nouvelle Constitution stipule que la RDCongo est composée  de la ville-capitale de Kinshasa et de 25 provinces, contre dix  provinces à l'heure actuelle.  

     Le scrutin référendaire détermine le processus électoral 

     La RDCongo a commencé le 20 juin dernier ses opérations  d'enregistrement d'électeurs, dans le cadre des préparatifs pour  les élections au premier semestre de l'an prochain. Quelque 24,87  millions de Congolais se sont inscrits comme électeurs jusqu'au 14 décembre courant. 

     La nouvelle Constitution constitue la base légale de tout le  processus électoral de la RDCongo et de son entrée dans une  nouvelle ère. Le référendum signifie que les Congolais bénéficient pour la première fois depuis 1964 des droits démocratiques. 

     A ce moment historique, les Congolais sont divisés face à des  défaillances de la Constitution. 

     Le président Joseph Kabila, les vice-présidents Jean-Pierre  Bemba et Azarias Ruberwa issus des anciennes rébellions du  Mouvement de libération du Congo (MLC) et du Rassemblement  congolais pour la démocratie (RCD), le technocrate de renom et  figure d'une importante alliance politique Pierre Pay Pay ont  appelé leurs militants à voter oui à la Constitution, pour que le  processus électoral puisse se poursuivre et que la Transition  aboutisse à sa fin.  

     La communauté internationale prend une position pareille. Le  secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a indiqué vendredi que le référendum "marquera le début d'un processus électoral longuement  attendu, faisant suite à de longues années de conflit,  d'instabilité et de souffrances". L'ambassadeur britannique en  RDCongo, Andy Sparkers, a signalé que "si le pays vote oui, on  peut compléter le processus électoral avant le 30 juin 2006, date  de la fin de la période de transition, conformément à l'Accord  global et inclusif" conclu en 2002 entre Congolais pour donner  naissance à la Transition. 

     De l'autre côté, certains hommes politiques congolais ont  critiqué les défaillances de la nouvelle Constitution pour laisser des amorces aux conflits dans l'avenir et appelé leurs militants à voter non. Devant le comportement très actif de certains  représentants de l'Occident, ils se sont demandé si les prochaines élections seraient plus occidentales que congolaises.  L'ambassadeur Sparkes a reconnu que "si le pays vote non, il va  falloir réviser l'avant-projet de Constitution et on ne pourra pas achever la transition dans les délais prévus".  

     D'autres hommes politiques congolais qui boudent ont appelé  leurs militants à boycotter le scrutin référendaire. Selon la  porte-parole adjointe de la Monuc, Rachel Eklou-Assogbavi,  l'abstention n'aura pas d'effet sur le résultat du scrutin, mais  la légitimité de la Constitution sera mise en cause, si le  pourcentage des abstentions est très élevé. 

     Le scrutin référendaire sur la nouvelle Constitution constitue le premier pas du processus électoral en RDCongo et détermine la  possibilité d'élaborer la Loi électorale et d'organiser les  élections locales et les générales d'ici six mois. Qui plus est,  il existe une autre question à réfléchir : si la nouvelle  Constitution congolaise est désapprouvée lors du référendum, si la Transition congolaise est prolongée pour cette raison, est-ce que  la communauté internationale continuera à jeter bon nombre de  ressources humaines et financières dans l'appui au processus de  paix en RDCongo ? Fin