Côte d'Ivoire : Le parti au pouvoir conteste les conclusions du  Groupe de travail international
  2005-11-12 13:10:25
 

     ABIDJAN, 11 novembre (XINHUANET) -- Le Front populaire ivoirien ( FPI, au pouvoir) a contesté vendredi d'un ton ferme les  conclusions du Groupe international de travail (GIT), qui  insistaient pour que le nouveau Premier ministre ivoirien dispose  des "pouvoirs propres". 

     Le FPI a estime dans une déclaration que le GIT n'était pas  compétent pour statuer sur les pouvoirs du nouveau Premier  ministre, et que son rôle consisterait à "assister le gouvernement (ivoirien) dans la mise en oeuvre de son programme et aux fins de  renforcer les mécanismes de suivi existants". 

     Le parti du président Laurent Gbagbo a accusé le GIT de s'être permis de "violer" le cadrement de règlement de la crise  ivoirienne basé sur la Constitution ivoirienne et les différents  accords de paix. 

     A l'issue de sa première réunion mardi à Abidjan, le GIT a  soutenu dans un communiqué que la résolution 1633 de l'Onu confère au futur Premier ministre ivoirien "des pouvoirs propres" et "tous les moyens lui permettant d'accomplir effectivement et  intégralement sa mission". 

     "Cette affirmation est erronée, car que ce soit dans les  accords (inter-ivoiriens) de Marcoussis (France, janvier 2003),  d'Accra III (Ghana, juillet 2004) ou de Pretoria (Afrique du Sud,  avril 2005) qui se réfèrent tous à la Constitution ivoirienne,  nulle part il n'est inscrit 'pouvoirs propres'", a souligné  Sylvain Miaka Ouretto, secrétaire général du FPI, dans la  déclaration.  

     "Dans ces différents accords, l'on parle plutôt de 'pouvoirs  nécessaires' pour mettre bien en évidence l'idée de pouvoirs qui  doivent être délégués au Premier ministre", a-t-il poursuivi. 

     Citant la Constitution ivoirienne, M. Miaka Ouretto a précisé  que "le Premier ministre n'est nullement détenteur de 'pouvoirs  propres' au point qu'il puisse nommer et révoquer les responsables de l'administrations civile et militaire". 

     "Le FPI refuse absolument de croire que l'objectif visé par le GIT (...) soit d'aider la rébellion et le G7 (coalition de  l'opposition et la rébellion ivoiriennes) à réussir à réaliser un  'coup d'Etat' en douceur en enlevant à Laurent Gbagbo tous ses  pouvoirs", et "souligne sa ferme volonté à s'opposer, quoique cela doive lui en coûter, à la décapitation de l'Etat de Côte d'Ivoire  et de ses institutions", a martelé M. Miaka Ouretto. 

     "Le FPI demande à tous les pays qui composent le GIT de se  ressaisir, et surtout de ne pas se laisser manipuler par ceux qui  ne veulent pas de la paix en Côte d'Ivoire", a-t-il dit. 

     Selon le FPI, "seule l'application stricte des accords  librement conclus et le strict respect des termes de ceux-ci en  conformité avec la Constitution ivoirienne demeurent le gage pour  la réussite du processus de paix". 

     "Il faut absolument éviter de faire délibérément de la  provocation pour brandir par la suite les menaces de sanction", a  déclaré M. Miaka Ouretto, et d'ajouter : "le FPI n'est pas sûr que le peuple de Côte d'Ivoire soit prêt à céder à ce genre  d'intimidation". 

     Le parti au pouvoir ivoirien a également appelé l'UA, la  CEDEAO, la médiation et l'Onu à "faire en sorte que la gestion de  la crise ivoirienne ne connaisse pas de nouveaux dérapages". 

     De vifs débats ont éclaté récemment sur la scène politique  ivoirienne autour des différentes interprétations de la résolution 1633, adoptée le 21 octobre dernier par le Conseil de sécurité de  l'Onu. 

     L'opposition ivoirienne a vivement critiqué la position du  président Gbagbo, en l'accusant de donner une priorité à la  Constitution plutôt qu'à la résoltion 1633 de l'Onu. Fin