ABIDJAN, 11 novembre (XINHUANET) -- Le Front populaire
ivoirien ( FPI, au pouvoir) a contesté vendredi d'un ton ferme les
conclusions du Groupe international de travail (GIT), qui
insistaient pour que le nouveau Premier ministre ivoirien dispose
des "pouvoirs propres".
Le FPI a estime dans une déclaration que le GIT
n'était pas compétent pour statuer sur les pouvoirs du nouveau Premier
ministre, et que son rôle consisterait à "assister le
gouvernement (ivoirien) dans la mise en oeuvre de son programme et aux fins
de renforcer les mécanismes de suivi existants".
Le parti du président Laurent Gbagbo a accusé le GIT
de s'être permis de "violer" le cadrement de règlement de la crise
ivoirienne basé sur la Constitution ivoirienne et les différents
accords de paix.
A l'issue de sa première réunion mardi à Abidjan, le
GIT a soutenu dans un communiqué que la résolution 1633 de l'Onu
confère au futur Premier ministre ivoirien "des pouvoirs propres" et
"tous les moyens lui permettant d'accomplir effectivement et
intégralement sa mission".
"Cette affirmation est erronée, car que ce soit dans
les accords (inter-ivoiriens) de Marcoussis (France, janvier 2003),
d'Accra III (Ghana, juillet 2004) ou de Pretoria (Afrique du Sud,
avril 2005) qui se réfèrent tous à la Constitution ivoirienne, nulle
part il n'est inscrit 'pouvoirs propres'", a souligné Sylvain Miaka
Ouretto, secrétaire général du FPI, dans la déclaration.
"Dans ces différents accords, l'on parle plutôt de
'pouvoirs nécessaires' pour mettre bien en évidence l'idée de pouvoirs qui
doivent être délégués au Premier ministre", a-t-il poursuivi.
Citant la Constitution ivoirienne, M. Miaka Ouretto
a précisé que "le Premier ministre n'est nullement détenteur de 'pouvoirs
propres' au point qu'il puisse nommer et révoquer les responsables de
l'administrations civile et militaire".
"Le FPI refuse absolument de croire que l'objectif
visé par le GIT (...) soit d'aider la rébellion et le G7 (coalition de
l'opposition et la rébellion ivoiriennes) à réussir à réaliser un
'coup d'Etat' en douceur en enlevant à Laurent Gbagbo tous ses
pouvoirs", et "souligne sa ferme volonté à s'opposer, quoique
cela doive lui en coûter, à la décapitation de l'Etat de Côte d'Ivoire
et de ses institutions", a martelé M. Miaka Ouretto.
"Le FPI demande à tous les pays qui composent le GIT
de se ressaisir, et surtout de ne pas se laisser manipuler par ceux qui
ne veulent pas de la paix en Côte d'Ivoire", a-t-il dit.
Selon le FPI, "seule l'application stricte des
accords librement conclus et le strict respect des termes de ceux-ci en
conformité avec la Constitution ivoirienne demeurent le gage pour la
réussite du processus de paix".
"Il faut absolument éviter de faire délibérément de
la provocation pour brandir par la suite les menaces de sanction", a
déclaré M. Miaka Ouretto, et d'ajouter : "le FPI n'est pas sûr que le
peuple de Côte d'Ivoire soit prêt à céder à ce genre
d'intimidation".
Le parti au pouvoir ivoirien a également appelé
l'UA, la CEDEAO, la médiation et l'Onu à "faire en sorte que la gestion de
la crise ivoirienne ne connaisse pas de nouveaux dérapages".
De vifs débats ont éclaté récemment sur la scène
politique ivoirienne autour des différentes interprétations de la
résolution 1633, adoptée le 21 octobre dernier par le Conseil de sécurité
de l'Onu.
L'opposition ivoirienne a vivement critiqué la
position du président Gbagbo, en l'accusant de donner une priorité à la
Constitution plutôt qu'à la résoltion 1633 de l'Onu. Fin