ABIDJAN, 30 octobre
(XINHUANET) -- Un calme a régné à Abidjan dimanche pendant la journée,
malgré que les forces de l'ordre ivoiriennes ont tiré en l'air pour
disperser des centaines de manifestants de l'opposition, qui tentaient de
marcher vers le palais présidentiel.
"A 17H30 ( heures locales et GMT), la situation est
revenue au calme sur Abidjan", a déclaré le colonel Jean François Lafont,
chef de l'opération militaire de l'Opération des Nations unies en
Côte d'Ivoire, sur la radio onusienne.
"A l'issue d'un rassemblement dans un stade de
Treichville, les manifestants sont sortis et se sont dûs d'interrompre à
la hauteur du pont (lagunaire) de Gaulle par les forces de police,
qui, logiquement, leur ont empêché de monter sur la présidence",
a précisé le colonel Lafont.
"La foule a été dispersée. Il y a quelques petits
accrochages, mais rien de grave sur le pont. la foule s'est dispersée
calmement par bus. D'après les renseignements que j'ais, la situation est
totalement calme sur Abidjan", a poursuivi le colonel Lafont.
En début de l'arpès-midi, les forces de l'ordre
ivoiriennes ont tiré en sommation dans le quartier de Treichville (sud
d'Abidjan), après que des manifestants de l'opposition eurent
incendié des pneus et tenté de marcher vers le palais présidentiel, a
constaté un journaliste de l'agence Xinhua (Chine nouvelle).
Ces manifestants sont sortis d'un meeting organisé
par la branche jeunesse de la coalition des quatre partis d'opposition
pour réclamer le départ du président Gbagbo, dont le mandat arrive à
expiration à ce jour.
Sous les tirs de sommation, les manifestants ont
couru, et se sont dispersés dans une confusion. Pour l'instant, aucune
information officielle pour confirmer de victimes.
Les autorités ivoiriennes n'ont pas encore éclaici
la situation. Selon la télévision nationale, le président Gbagbo
devrait prononcer un message à la nation dans la soirée.
Mercredi, M. Gbagbo avait signalé que l'interdiction
de toute manifestation de rue à Abidjan sera maintenue et plongée, et
ordonné les forces de l'ordre de surveiller l'ordre social du pays.
Les forces gouvernementales ivoiriennes, composées
des militaires, de gendarmes, et de policiers, ont déjé mis en place
des dispositifs sécuritaires dans des points stratégiques d'Abidjan,
notamment autour des deux ponts lagunaires qui relient les quartiers de
Treichville et du Plateau, centre d'administration où se trouve le palais
présidentiel, a constaté des journalistes de l'agence Xinhua.
Ces derniers jours, la tension est montée entre le
parti au pouvoir et l'opposition ivoirienne, qui se sont mutuellement
accusés de "provoquer des violences et de désordres".
Selon l'Onuci, des manifestations "pacifiques" se
sont organisées notamment dans la zone nord sous contrôle de la
rébellion armée.
Le président Gbagbo avait été élu en 2000. Son
mandat expire à la fin du mois courant, conformément à la Constitution
ivoirienne. Toutes les parties ivoiriennes avaient reconnu que la prochaine
élection présidentielle, prévue à ce jour, ne peut pas se tenir
en raison de la persistance de la crise politico-militaire, dont la
Côte d'Ivoire souffre depuis septembre 2002.
L'Union africaine et l'Onu ont reconnu la fin du
mandat présidentiel de Laurent Gbagbo, en approuvant son maintien au
pouvoir pour une période maximale de 12 mois et la désignation d'un
nouveau Premier ministre consensuel aux pouvoirs élargis pour poursuivre
l'application des accords de paix et la préparation de l'élection
envisagée. Fin