ABIDJAN, 28 octobre (XINHUANET) -- Le parti au pouvoir
et l'opposition de la Côte d'Ivoire se sont vivement opposés quant à
la nomination d'un Premier ministre ivoirien pour conduire le
gouvernement de transition sur fonds des différentes interprétations
de la dernière résolution de l'Onu.
Le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) a
déclaré jeudi que le président Laurent Gbagbo, en tant que chef d'un Etat
souvevrain et indépendant, est doté des pouvoirs constitutionnels, y
compris celui de nommer le chef du gouvernement, rappelant que la dernière
résolution de l'Onu "n'a ni modifié, ni suspendu, ni aboli la Constitution
ivoirienne".
Deux jours plus tôt, le Groupe des Sept (G7)
regroupant quatre partis d'opposition et trois mouvements rebelles) ont
réclamé la nomination d'un Premier ministre par le Groupe international du
travail, qui devrait être créé dans le cadre de la résolution 1633 de
l'Onu.
A propos du choix du nouveau Premier ministre, le G7
a revendiqué la désignation de ce poste en son sein, alors que le
FPI évoque "une personnalité d'ouverture et de dialogue, respectueux
des institutions et de la légalité, engagée en faveur de la réunification
du pays et de la réconciliation nationale, et disposant des capacités et
de l'autorité nécessaires pour conduire efficacement sa mission".
En ce qui concerne les pouvoirs que possédera le
nouveau Premier ministre, le FPI a insisté sur les dispositions
constitutionnelles, en précisant que "le président de la République
peut, par décret, déléguer certains de ses pouvoirs au Premier ministre et
aux membres du gouvernement".
Pour sa part, le G7 a indiqué que le Premier
ministre devrait avoir "à titre exclusif" de pleins pouvoirs, y compris
ceux qui sont dévolus par la Constitution au président, pour mener à bien
la mission d'appliquer les accords de paix.
Le 21 octobre, le Conseil de sécurité de l'Onu a
adopté la résolution 1633, en approuvant les prépositions de l'UA sur la
transition post-octobre en Côte d'Ivoire, selon lesquelles
Laurent Gbagbo sera maintenu à la présidence, et un nouveau Premier
ministre "acceptable" et "plein de pouvoirs" sera nommé pour
conduire le nouveau gouvernement.
Ces derniers jours, des spéculations sur la
nomination du nouveau Premier ministre circulent à Abidjan. La presse
ivoirienne a parlé d'une dizaine de personnes qui pourraient être candidats
à ce poste.
Conformément à la résolution de l'Onu, le nouveau
Premier ministre doit être nommé avant la fin du mois courant.
Les présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria et Thabo
Mbeki de l'Afrique du Sud devraient arriver ce week-end en Côte d'Ivoire
pour présider une concertation inter-ivoirienne consacrée à la
nomination, selon des sources informelles.
Mais cette information n'a pas été officiellement
confirmée, d'autant plus que le Nigeria avait été frappé le week-end
dernier par un duel de tradégies, le décès de la première dame et
l'écrasement d'un avion de ligne. Fin