ABIDJAN, 25 octobre (XINHUANET) -- Une vive controverse
sur l'élection du président de la Commission électorale indépendante
( CEI) a éclaté ces derniers jours en Côte d'Ivoire, caractérisée par
des interprétations différentes des dispositions législatives.
Le ministre ivoirien de l'Administration du
territoire, Issa Diakité, chargée de l'installation de la CEI, a souligné
mardi qu'il respectait les dispositions légales et réglementaires
concernant l'organisation et le fonctionnement de la CEI, et
s'attachait au principe de l'indépendance de l'organe électoral.
Mercredi dernier, un représentant de l'opposition a
été élu à la tête de la CEI lors d'un scrutin boycotté par 16 membres
proches du pouvoir, qui auraient refusé de reconnaître la
nouvelle direction, en suspendant leur participation au fonctionnement de
l'organe électoral.
La controverse au sein de la CEI se concentre sur la
qualité des votants. Les membres de l'opposition insistent pour que seuls
ayant voix "délibérative" ont le droit de voter, alors que ceux
proches du pouvoir réclament une participation de tous les membres de
l'organe au scrutin.
Cette élection boycottée a été dénoncée dimanche
soir par le ministre ivoirien chargé des relations entre l'exécutif et les
autres institutions républicaines, Alphonse Douati, qui a accusé le
ministre Diakité d'avoir distingué les votants par voix " délibérative" et
"consultative".
M. Douati a mis l'accent sur l'article 9 de la loi
sur la CEI, qui stipule que "le président de la CEI est élu par la
commission centrale parmi ses membres".
De son côté, M. Diakité a cité l'article 39 de la
même loi, selon lequel "les délibérations de la commission centrale de la
CEI sont prises à la majorité simple des membres présents ayant voix
délibérative".
"Chacun veut être le président de la CEI et on
oublie les bonnes élections", a commenté Francis Wodié, président du Parti
ivoirien des travailleurs, cité mardi par Fraternité Matin, journal
ivoirien à grand tirage.
A la Une d'une publication de samedi dernier,
L'Inter, journal indépendant, a conclu que la controverse se dirigera "vers
l'annulation de l'élection (du président de la CEI)".
Selon ce journal, le document auquel le ministre
Diakité a fait allusion "n'est autre qu'un rapport de présentation du
projet de décret portant nomination des membres de la commission
centrale de la CEI". Fin