NEW YORK (Nations unies), 17 septembre (XINHUANET) --
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a défendu samedi devant
l'Assemblée générale de l'ONU le droit inaliénable de son pays au
développpement nucléaire, tout en assurant que son projet est
civil.
"L'accès au combustible nucléaire ne peut être
réservé à certains, créant un monopole et donc une inégalité", a-t-il
affirmé, en référence aux propositions des trois pays européens
( Allemagne, France, Royaume-Uni) avec lesquels il était en
négociations.
Les trois pays européens offrent une assistance
économique à l'Iran ainsi qu'une coopération pour le développement d'un
programme énergétique civil, en échange de l'engagement de ne pas
produire en Iran de combustible susceptible d'être utilisé à des
fins militaires.
Estimant que l'Iran donnait un accès de bonne foi à
sa technologie, en référence aux contrôles mis en place à l'heure
actuelle par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le
président Ahmadinejad a présenté en quatre points la position de son pays
sur la question nucléaire.
"Premièrement, l'Iran réitère sa position, selon
laquelle la création d'armes nucléaires est interdite en vertu de nos
principes religieux".
"Deuxièmement, l'Iran appelle à revitaliser le
Traité de non- prolifération nucléaire et à abolir l'apartheid dans le
domaine du nucléaire pacifique ".
"Troisièmement, la technologie iranienne n'étant pas
différente de celle des pays qui disposent déjà du nucléaire civil, l'Iran
est prêt, en application de son droit inaliénable au cycle
nucléaire, à coopérer avec des sociétés d'autres pays pour le
développement de ce dernier, même si ce n'est pas une obligation
imposée par l'AIEA".
Pour le quatrième point, le président Ahmadinejad a
promis qu'une interaction continue et une coopération technique et
juridique avec l'AIEA seraient le noeud de sa politique nucléaire.
Dans son discours, il a tenu à rapper que les
contrats internationaux relatifs à la fourniture de "combustible
nucléaire" n'étaient pas fiables, car ils peuvent être interrompus pour des
raisons politiques.
"La création de centrales nucléaires, sans la
capacité de produire du combustible, conduit à la dépendance. Aucun
gouvernement ne peut accepter cette situation pour son peuple, ainsi
que le montre l'exemple de la dépendance pétrolière", a-t-il affirmé.
Il a ajouté que "la prolifération nucléaire et
l'entrave à l'accès au nucléaire civil étaient deux menaces actuelles" et
que "les progrès en matière de désarmement avaient été bloqués depuis
des années".
Le président iranien a par ailleurs appelé à la
création d'une zone dénucléarisée au Moyen-Orient, critiquant le transfert
de la technologie nucléaire au régime sioniste.
Lors d'une conférence de presse tenue tout de suite
après son intervention à l'Assemblée générale, il a estimé que le Conseil
de sécurité ne devait pas être détourné de son but en menaçant de
renvoyer son pays devant cet organe, alors que l'Iran continue de
coopérer avec l'AIEA dans le cadre du TNP.
"Chacun est libre de faire son choix ... mais si le
Conseil de sécurité se décidait de traiter cette question, elle perdrait
sa réputation et deviendrait un outil entre les mains des grandes
puissances", a souligné le président iranien.
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a
appelé samedi à la même occasion l'Iran à retourner à la table des
négociations avec la "troïka" européenne et à "renoncer pour
toujours à son projet de développer des armes nucléaires".
La décision de l'Iran "menace de détruire
l'opportunité fragile de la paix qui existe maintenant au Moyen-Orient",
a-t-elle déploré. Fin