ONU : L'Iran défend son droit au développement nucléaire civil ( PAPIER GENERAL)  Par Chen Weihua
  2005-09-18 11:46:55
 

     NEW YORK (Nations unies), 17 septembre (XINHUANET) -- Le président  iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a défendu samedi devant l'Assemblée  générale de l'ONU le droit inaliénable de son pays au  développpement nucléaire, tout en assurant que son projet est  civil. 

     "L'accès au combustible nucléaire ne peut être réservé à  certains, créant un monopole et donc une inégalité", a-t-il  affirmé, en référence aux propositions des trois pays européens ( Allemagne, France, Royaume-Uni) avec lesquels il était en  négociations. 

     Les trois pays européens offrent une assistance économique à  l'Iran ainsi qu'une coopération pour le développement d'un  programme énergétique civil, en échange de l'engagement de ne pas  produire en Iran de combustible susceptible d'être utilisé à des  fins militaires.  

     Estimant que l'Iran donnait un accès de bonne foi à sa  technologie, en référence aux contrôles mis en place à l'heure  actuelle par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le président Ahmadinejad a présenté en quatre points la position  de son pays sur la question nucléaire.  

     "Premièrement, l'Iran réitère sa position, selon laquelle la  création d'armes nucléaires est interdite en vertu de nos  principes religieux".  

     "Deuxièmement, l'Iran appelle à revitaliser le Traité de non- prolifération nucléaire et à abolir l'apartheid dans le domaine du nucléaire pacifique ".  

     "Troisièmement, la technologie iranienne n'étant pas différente de celle des pays qui disposent déjà du nucléaire civil, l'Iran  est prêt, en application de son droit inaliénable au cycle  nucléaire, à coopérer avec des sociétés d'autres pays pour le  développement de ce dernier, même si ce n'est pas une obligation  imposée par l'AIEA". 

     Pour le quatrième point, le président Ahmadinejad a promis  qu'une interaction continue et une coopération technique et  juridique avec l'AIEA seraient le noeud de sa politique nucléaire. 

     Dans son discours, il a tenu à rapper que les contrats  internationaux relatifs à la fourniture de "combustible nucléaire" n'étaient pas fiables, car ils peuvent être interrompus pour des  raisons politiques.  

     "La création de centrales nucléaires, sans la capacité de  produire du combustible, conduit à la dépendance. Aucun  gouvernement ne peut accepter cette situation pour son peuple,  ainsi que le montre l'exemple de la dépendance pétrolière", a-t-il affirmé.  

     Il a ajouté que "la prolifération nucléaire et l'entrave à  l'accès au nucléaire civil étaient deux menaces actuelles" et que  "les progrès en matière de désarmement avaient été bloqués depuis  des années". 

     Le président iranien a par ailleurs appelé à la création d'une  zone dénucléarisée au Moyen-Orient, critiquant le transfert de la  technologie nucléaire au régime sioniste.  

     Lors d'une conférence de presse tenue tout de suite après son  intervention à l'Assemblée générale, il a estimé que le Conseil de sécurité ne devait pas être détourné de son but en menaçant de  renvoyer son pays devant cet organe, alors que l'Iran continue de  coopérer avec l'AIEA dans le cadre du TNP.  

     "Chacun est libre de faire son choix ... mais si le Conseil de  sécurité se décidait de traiter cette question, elle perdrait sa  réputation et deviendrait un outil entre les mains des grandes  puissances", a souligné le président iranien. 

     La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a appelé  samedi à la même occasion l'Iran à retourner à la table des  négociations avec la "troïka" européenne et à "renoncer pour  toujours à son projet de développer des armes nucléaires". 

     La décision de l'Iran "menace de détruire l'opportunité fragile de la paix qui existe maintenant au Moyen-Orient", a-t-elle  déploré. Fin