NEW YORK (Nations unies), 8
août (XINHUANET) -- Benon Sevan, l'ancien chef du programme Pétrole contre
nourriture de l'ONU en Irak, et Alexander Yakovlev, ancien haut
responsables des Nations unies chargé des achats, ont été accusés d'avoir
accepté des pots- de-vin, a annoncé lundi la Commission d'enquête
indépendante de l'ONU dirigée par l'ancien président de la Réserve
fédérale américaine Paul Volcker.
Dans un rapport d'étape publié par la Commission, M.
Sevan, un Chypriote âgé de 67 ans, est accusé d'avoir reçu un pot-de-vin
de 147 184 dollars sur des allocations de pétrole accordées, à sa
propre demande, à la compagnie African Middle East Petroleum (Amep) ,
dirigée par l'Egyptien Fakhry Abdelnour, un cousin de l'ancien Secrétaire
général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali.
Le rapport désigne également un ami de M. Sevan,
Efraim Nadler, qui aurait joué un rôle d'intermédiaire dans ces
transactions.
"Sur la base des preuves disponibles, le rapport
conclut que M. Sevan a tiré de manière corrompue un bénéfice financier du
programme", a indiqué M. Volcker aux journalistes.
La Commission recommande par ailleurs aux Nations
unies de lever l'immunité de M. Sevan.
"M. Sevan fait maintenant l'objet d'une enquête
criminelle", indique le rapport. "Si des accusations sont portées contre
M. Sevan, les autorités auront besoin d'obtenir la levée de son
immunité".
M. Sevan, qui connaissait le contenu du rapport, a
adressé un courrier dimanche à Kofi Annan pour lui présenter sa démission
des Nations unies. Il affirme dans cette lettre être un
bouc-émissaire.
Par ailleurs, Alexander Yakovlev, qui travaillait au
département des achats jusqu'à sa démission en juin, est
également accusé d'avoir reçu des pots-de-vin pour un montant d'un million
de dollars.
M. Yakovlev aurait demandé un pot-de-vin à une
société en lice pour obtenir un contrat dans le cadre du programme
"pétrole contre nourriture", conclut le rapport de la Commission
d'enquête.
Le rapport soulève également des interrogations sur
le rôle joué par Kofi Annan, en se basant sur un email découvert en juin
qui aurait été envoyé par un responsable de la Cotecna qui employait
son fils Kojo. Fin