ALMA-ATA, 28 juillet (XINHUANET) -- Le secrétaire
américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a effectué une tournée au
Kirghizstan et au Tadjikistan ces derniers jours, pour justifier une
présence militaire américaine à long terme en Asie centrale, objectif
stratégique des Etats-Unis.
Depuis le début de la guerre en Afghanistan en 2001,
les troupes des Etats-Unis et leurs alliés sont déployées sur des
bases situées en Ouzbékistan, au Kirghizstan et au Tadjikistan.
Début juillet, les pays membres de l'Organisation de
coopération de Shanghai (OCS) ont appelé la coalition
anti- terroriste dirigée par les Etats-Unis à fixer un calendrier pour
leur retrait militaire et l'usage temporaire d'infrastructures dans
ces pays d'Asie centrale.
Le 17 juillet, le président kirghiz nouvellement
élu, Kourmanbek Bakiev, a déclaré qu'avec l'amélioration de la
situation en Afghanistan, il était temps pour les Etats-Unis de
retirer comme prévu leurs forces de la base de son pays.
Début mai, le gouvernement ouzbek a pris une
position ferme sur la présence militaire américaine, imposant des limites
sur le décollage et l'atterrissage d'avions militaires.
Début juillet, le ministère ouzbek des Affaires
étrangères a rendu public une déclaration affirmant que son gouvernement
rééxaminerait la question de la présence militaire américaine dans sa
base aérienne de Karshi-Khanabad, utilisée comme escale pour des
opérations en Afghanistan depuis 2001.
Parallèlement, le ministre tadjik des Affaires
étrangères, Talbak Nazarov, a jugé peu nécessaire pour les troupes des
Etats- Unis et leurs alliés de prolonger leur présence en Asie
centrale.
Dans ce contexte, le Congrès américain a appelé
l'administration Bush à initier immédiatement des dialogues avec les
pays d'Asie centrale.
Après la tournée de trois jours de M. Rumsfeld dans
cette région, la pression s'est affaiblie pour un retrait militaire
américain.
Le président kirghiz, après des entretiens avec M.
Rumsfeld, a relevé mardi que la situation en Afghanistan demeurait
instable, et que son pays continuerait à soutenir les efforts américains
contre le terrorisme.
Il a ajouté que le calendrier de la présence
américaine dans son pays dépendrait du développement de la situation en
Afghanistan et des relations Kirghizistan-Etats-Unis.
Lors d'une conférence de presse, suite à la visite
du ministre américain de la Défense, le président tadjik a promis que son
pays continuerait à soutenir l'alliance antiterroriste.
En fait, la lutte contre le terrorisme n'est pas le
seul objectif des Etats-Unis, qui insistent pour être militairement
présents en Asie centrale.
Après que l'OCS eut lancé l'appel à un retrait
militaire américain, le général Richard Myers, chef d'état-major
interarmes américain, a indiqué clairement que l'importance de l'Asie
centrale "se concrétisait dans plusieurs sens, et pas seulement dans
la guerre contre le terrorisme".
Selon des analystes, l'Asie centrale joue un rôle
clé dans la stratégie planétaire des Etats-Unis au 21e siècle. La présence
militaire américaine dans la région permettra de contenir et
d'affaiblir l'influrence russe, et aidera Washington à traiter avec
l'Iran.
De plus, l'aspect économique est également un
facteur déterminant, du fait de la richesse de la région en pétrole et en
gaz naturel.
Etant donné l'importance politique, économique et
militaire de l'Asie centrale, les Etats-Unis feront tout leur possible
pour consolider leur présence militaire dans la région. Fin