NAIROBI, 23 juin (XINHUANET) -- Les pays industrialisés
sabordent leurs propres engagements à la réduction de la pauvreté, à la
stabilité et à la défense des droits de l'Homme en exportant des
armes dans les pays les plus pauvres et les plus ravagés par les
conflits, a révélé un nouveau rapport paru jeudi.
Le rapport souligne que les pays industrialisés du
Groupe des huit (G8) vendent des armes à des gouvernements coupables de
violations des droits de l'Homme.
Les armes du G8 sont exportées dans plusieurs pays
accusés de tels actes en Afrique, en Asie, et en Amérique du Sud, signale
le rapport co-signé par les ONG Amnesty International, Oxfam
International et le Réseau d'action international contre les
armes légères (IANSA selon l'acronyme anglais).
Ce rapport, publié alors que se réunissent à Londres
les ministres des Affaires étrangères du G8, révèle comment ces pays,
l'Allemagne, le Canada, la France, la Grande-Bretagne L'Italie,
le Japon, la Russie et les Etats-Unis, envoient toujours équipements
militaires, armes et munitions à des destinations où elles sont
utilisées pour contribuer à des graves violations des droits de
l'Homme.
"Chaque année des centaines de milliers de personnes
sont tuées, torturées, violées et déplacées grâce à ces armes. Comment les
engagements du G8 de mettre fin à la pauvreté et à l'injustice
peuvent-ils être pris au sérieux si certains de ces mêmes
gouvernements minent la paix et la stabilité en approuvant
délibérément des transferts d'armes à des régimes répressifs, à des
régions de conflit extrême et à des pays pour qui ces acquisitions sont
exagérément onéreuses?", commente la secrétaire générale d'Amnesty
International, Irene Khan.
Le rapport engage clairement le G8 à soutenir une
proposition du gouvernement britannique et de 10 autres pays pour un
Accord international sur le commerce des armes.
"Les ministres des Affaires étrangères du G8, qui se
réunissent cette semaine, doivent soutenir le Traité sur la vente
des armes et convenir d'un processus pour le concrétiser",
insiste Barbara Stocking, directrice d'Oxfam.
"Ne pas le faire serait une trahison indigne des
millions d'hommes, de femmes et d'enfants victimes des violations des
droits de l'Homme et vivant dans la crainte des violences armées
chaque jour", ajoute Rebecca Peters, directrice d'IANSA. Fin