BEIJING, 22 juin
(XINHUANET) -- "La richesse humaine compte plus que la richesse naturelle
pour le développement de la société africaine", a estimé mercredi à
Beijing Allélé Elhadji Habibou, secrétaire-général des Affaires étrangères
du Bureau politique du Mouvement national pour la société de développment
(MNSD-NASSARA, parti au pouvoir du Niger), dans une interview exclusive à
l'agence de presse Xinhua.
M. Habibou, également chef de la délégation des
cadres des partis au pouvoir en Afrique, est venu à Beijing pour
participer au "Séminaire sino-africain sur les relations entre les partis
au pouvoir dans le contexte de la mondialisation" entamé lundi, et
qui s'achèvera mercredi.
Il s'agit de la deuxième visite en Chine de ce haut
responsable nigérien. Par rapport à sa première visite en Chine il y a
trois ans, M. Habibou s'est dit interpellé par les changements
extraordinaires survenus dans la société chinoise sur la courte
période de 2002 à 2005.
Selon lui, le miracle du développement économique a
été créé par un peuple chinois travailleur, intelligent et discipliné,
jouissant de sa souveraineté et de son droit de choisir sa propre
voie de développement.
"La première richesse, c'est la souveraineté. Un
peuple qui assume son destin, sans ingérence extérieure, sans aucune
pression et qui est libre de choisir le modèle de développement qui lui
convient", a souligné M. Habibou.
Il a affirmé que les pays africains et leurs peuples
devaient prendre en main les moyens pour réaliser une auto-suffisance
alimentaire, ceci étant le plus important. Il n'est plus possible de
toujours dépendre de l'aide extérieure, il faut savoir se développer en
accumulant toutes les forces, a-t-il déclaré.
Ce sage africain a surtout mis l'accent sur la
formation et l'éducation, "quelques soient vos richesses, si vous n'avez
pas de cadres biens formés, vous ne pouvez pas exploiter vos richesses",
a ajouté Habibou.
Il a dit que les gouvernements africains prenaient
aujourd'hui conscience de l'importance de l'éducation et qu'ils prêtaient
attention à l'éducation des filles et des enfants, ceci étant
crucial pour le développement de l'Afrique.
Abordant le sujet de l'annulation par le G8 des 40
milliards de dollars de dette pour 18 pays, dont 14 africains, il a
commenté cette décision comme étant "une bonne chose, mais le plus
important, c'est l'établissement de la zone libre-échange entre
l'Afrique et le reste du monde, pour permettre à l'Afrique de
réaliser son "auto-suffisance alimentaire."
Il a appelé à davantage de coopération avec la Chine
dans le domaine de l'éducation. "La Chine dispose de riches expériences
en agriculture, et les jeunes africains souhaitent venir en Chine
pour apprendre les technologies agricoles et industrielles pour
mieux construire le Continent africain", a-t-il conclu. Fin