BRUXELLES, 28 mai (XINHUANET) -- 7) Qu'est-ce que la
Constitution va changer au quotidien des citoyens européens?
Probablement rien.
8) La Constitution modifie-t-elle la politique
agricole commune (PAC)?
Paradoxe: alors que la PAC vient encore d'être
réformée, en juin 2003, pour mettre fin à certains excès (la course aux
rendements et l'accumulation d'excédents, par exemple), la
Constitution en maintient les objectifs historiques, totalement
dépassés aujourd'hui. Ainsi peut-on lire que cette politique a pour
objet, notamment, d'accroître la productivité de l'agriculture en
développant le progrès technique et de garantir la sécurité des
approvisionnements.
Cet anachronisme est dû simplement au fait que les
conventionnels n'ont pas voulu se lancer dans la formulation de
nouveaux principes. Seul changement: le Parlement européen
aurait, dans une certaine mesure, le pouvoir de "codécision" sur la PAC.
Mais le Conseil des ministres serait encore le seul à pouvoir fixer
les prix, les aides et les limitations quantitatives.
9) En cas de rejet, la France pourra-t-elle sortir
de l'Europe?
Pour la première fois, la Constitution européenne
instaure le principe du "droit de retrait volontaire" des Etats-membres.
La France pourrait donc quitter l'UE si elle le souhaitait, et ce
même si ses partenaires n'étaient pas d'accord.
L'article I-60 du traité constitutionnel stipule que
"tout Etat- membre peut décider, conformément à ses règles
constitutionnelles, de se retirer de l'Union". Pour cela, il lui suffit de
"notifier son intention au Conseil européen".
Juridiquement possible, un éventuel retrait de la
France de l'UE reste toutefois politiquement peu plausible, tant Paris est
profondément impliqué dans la construction européenne.
10) Est-ce qu'il y a un plan B du traité ?
Non. Il n'y a pas de plan B. Le président en
exercice de l'UE, Jean-Claude Juncker et le président de la Commission
européenne José Manuel Durao Barroso appelleront dimanche soir à la
poursuite du processus de ratification de la Constitution, même en cas de
vote "non" en France.
Un protocole annexé à la Constitution précise que
si, le 1er novembre 2006, "les quatre cinquièmes des Etats membres" ont
accepté le texte et qu'"un ou plusieurs Etats membres ont rencontré
des difficultés" pour procéder à cette ratification, le Conseil européen
"se saisit de la question". En d'autres termes, sans pour autant modifier
la Constitution, une seconde chance pourrait être donnée aux
récalcitrants, quitte à leur faire miroiter des concessions. Si rien n'y
fait, le Conseil européen pourrait demander aux Etats membres concernés de
tirer les conséquences de leur refus et donc d'envisager de se retirer de
l'Union.
Mais selon les avis d'experts, si le traité était
refusé par de nombreux pays, le devoir de vérité impose de dire qu'il peut
y avoir un plan B. "Mais une solution rapide est impossible". Fin