YAOUNDE, 24 mai (XINHUANET) -- La Commission électorale
mixte indépendante (CEMI) de Centrafrique a publié mardi à Bangui les
résultats du second tour des élections présidentielle et
législatives du 8 mai dernier, donnant le président sortant François
Bozizé élu avec 64, 60% des voix contre 35,40% à l'ancien Premier ministre
Martin Ziguélé.
Arrivé au pouvoir en 2003 à la faveur d'un putsch,
M. Bozizé, 58 ans, a fait de plus coup double avec la victoire aux
législatives de la coalition réunissant ses partisans, la
Convergence nationale "Kwa na kwa" (le travail rien que le
travail, en langue nationale sango), qui a enlevé 42 des 105 sièges de
l'Assemblée nationale.
Pour la présidentielle, M. Bozizé a recueilli 610
903 voix (64, 6% des suffrages exprimés) et Martin Ziguélé 333 716 (35,4%),
selon les résultats officiels complets communiqués mardi à Bangui
par le président de la Commission électorale mixte indépendante
( Cémi), Jean Willybiro Sako.
Selon ces chiffres, le taux de participation du
second tour s'est situé à 64,63% des 1 462 200 électeurs centrafricains
inscrits, contre 68,27% lors du premier tour disputé le 13 mars
dernier.
Ces deux élections marquent la fin de la "transition
consensuelle" mise en place par le général Bozizé après le coup
d'Etat qui a renversé le président Ange-Félix Patassé.
M. Bozizé, arrivé largement en tête au premier tour
avec 42,97% des suffrages, partait favori de la présidentielle, d'autant
qu'il avait reçu pour le second tour les soutiens de l'ex-Premier
ministre Jean-Paul Ngoupandé, de l'ancien ministre Charles Massi et
du "patriarche" de l'opposition centrafricaine Abel Goumba.
Tous trois étaient pourtant membres, avant le
premier tour, d'une coalition anti-Bozizé dont faisait également partie
l'ancien Premier ministre de M. Patassé, Martin Ziguélé. L'ex-président
( 1981-1993) André Kolingba, arrivé troisième du premier tour,
n'avait donné aucune consigne de vote.
La victoire de "Kwa na Kwa", en revanche, était
beaucoup moins attendue, nombre de ses candidats s'étant retrouvés en
ballottage défavorable à l'issue du premier tour.
Ce succès inattendu va permettre au président Bozizé
de choisir son Premier ministre dans ses rangs et d'éviter un
scénario de cohabitation qui, aux termes de la nouvelle Constitution
adoptée par référendum en décembre 2004, aurait pu limiter ses
pouvoirs.
A noter que 104 des 105 sièges ont été pourvus,
l'élection ayant été annulée par la Cémi dans une circonscription du sud
du pays en raison de fraudes.
Les deux tours de scrutins se sont déroulés sans
incident majeur, dans un pays à l'histoire pourtant marquée par la
violence politique. Fin