Avancées positives vers la résolution du différend commercial qui oppose la Chine et l'UE
  2005-05-17 14:43:27
 

     BEIJING, 17 mai (XINHUANET) -- La Chine a promis de prendre des  mesures efficaces pour limiter ses exportations de produits  textiles, une démarche montrant l'attitude positive du pays pour  la résolution de ses différends commerciaux avec l'Union  Européenne (UE).  

     Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a dit mercredi dernier à trois hauts diplomates de l'UE que la Chine comprenait les  inquiétudes de l'UE quant au problème textile. Il a promis que la  Chine prendrait des mesures économiques plus poussées pour  prévenir la croissance excessive du secteur textile chinois et des exportations de vêtements.  

     Bien qu'il n'ait pas spécifié ces mesures, des analystes de  Beijing ont souligné que cela témoignait d'une attitude positive  de la Chine pour la résolution de ses différends commerciaux avec  l'UE sur les produits textiles.  

     Les différends commerciaux entre la Chine et l'UE ont suscité  une grande inquiétude chez les hauts dirigeants chinois après le  lancement par l'UE d'une enquête sur les importations de produits  textiles chinois.  

     L'enquête a été lancée après que les chiffres préliminaires  eurent montré que les exportations de prêt-à-porter avaient  augmenté en flèche au cours des deux premiers mois de l'année.  

     Des mesures de restriction de la part de l'UE seraient " raisonnables, mais illégales", a déclaré Feng Zhongping, directeur du Département de la section européenne de l'Institut chinois des  Relations internationales contemporaines, ajoutant que cette  restriction irait à l'encontre du principe de libre-échange de  l'Organisation mondiale du commerce (OMC).  

     Le président chinois Hu Jintao a dit à son homologue français  Jacques Chirac lors de leur rencontre, la semaine dernière à  Moscou, que la Chine prêtait une grande attention au problème du  textile et souhaitait que cette question puisse être résolue par  le biais de consultations d'égal à égal.  

     Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé l'UE à faire  des efforts pour régler les différents commerciaux, soulignant  l'importance d'un partenariat stratégique à long terme. 

     "Les mesures d'auto-contrôle de la Chine sur les exportations  textiles ont été efficaces et continueront de l'être", a affirmé  Wen, ajoutant que "le règlement des actuelles frictions liées au  textile a besoin des efforts conjoints des deux parties".  

     Il y a deux semaines, le ministre chinois du Commerce Bo Xilai  a exhorté l'UE à ne pas exagérer le problème des produits textiles. Lors de sa rencontre à Paris avec le commissaire européen du  commerce Peter Mandelson, Bo a déclaré que les restrictions sur  les produits textiles chinois portaient atteinte non seulement aux intérêts de la Chine mais à ceux des importateurs, détaillants et  consommateurs de l'UE.  

     L'UE a augmenté ses pressions sur les exportations textiles de  la Chine, mais cela n'équivaut pas à une confrontation, a fait  remarquer Feng. "L'enquête donne en effet du temps aux deux  parties pour effectuer des réajustements et mener des  consultations", a-t-il précisé.  

     Lors du dernier cycle de négociations sur le libre-échange, le  système de quotas textiles a été aboli début 2005.  

     Au moment de son adhésion à l'OMC, la Chine a admis de laisser  les membres de l'OMC décider des restrictions sur ses produits  textiles si une brusque hausse de ces produits menacait de  troubler leurs marchés.  

     Zhu Liqun, directeur de l'Institut des Relations  internationales de l'Université des Affaires étrangères, a indiqué que l'UE aurait dû renforcer son propre mécanisme pour faire face  à l'éventuelle augmentation des exportations textiles à la fin du  système de quotas.  

     Certains pays européens, comme la Finlande, la Suisse et  l'Allemagne sont opposés aux restrictions, étant donné qu'ils ont  réussi à régler le problème lié à la hausse des exportations  textiles, a noté Feng.  

     La Chine a mis l'accent sur les principes de libre-échange  international, affirmant que l'imposition de restrictions nuirait  à ce système.  

     "L'abolition de ce système à des fins d'intégration du commerce mondial est absolument nécessaire pour un commerce juste et libre  et tous les pays doivent déployer des efforts dans ce sens", a  relevé Wen.  

     Les producteurs chinois se sont plaints de cette enquête,  disant que les acheteurs avaient hésité à passer commande car ils  ne savaient pas quelles "mesures restrictives" seraient prises par l'UE. 

     "Il est injuste d'imposer des restictions sur les exportations  textiles de la Chine en se basant seulement sur les données du  premier trimestre, car une grande quantité des produits exportés  vers l'UE ont été commandés avant la fin de l'année", a dit Yang  Weidong, directeur général de Jifa Group Co., Ltd, le second  exportateur de textiles de la province du Shandong, dans l'est de  la Chine.  

     En fait, la Chine a adopté elle-même une série de mesures  depuis le mois de décembre 2004 pour endiguer le flux de produits  textiles dans les pays de l'UE et aux Etats-Unis. Elles consistent en une taxe supplémentaire sur 148 types de produits et la  limitation des investissements dans le secteur du textile. 

     Feng a qualifié ces mesures de "pragmatiques" et de "prudentes", soulignant qu'elles répondaient aux intérêts des deux parties.  

     La coopération économique et commerciale entre la Chine et l'UE s'est développée rapidement au cours des trois dernières décennies. L'année dernière, le commerce bilatéral s'est élevé à 177,3  milliards de dollars, 74 fois plus qu'il y a 30 ans. L'UE a  dépassé les Etats-Unis pour devenir le premier partenaire  commercial de la Chine.  

     La levée des quotas textiles est la grande contribution  apportée par l'OMC aux pays en voie de développement et le  règlement des différends commerciaux liés au textile concerne non  seulement la Chine et l'UE, mais tous les pays développés et en  développement, a dit Feng Zhongping. 

     "Les deux parties doivent régler ce problème de manière  prudente afin de promouvoir un commerce juste et libre dans le  monde", selon Feng. Fin