BEIJING, 17 mai (XINHUANET)
-- La Chine a promis de prendre des mesures efficaces pour limiter ses
exportations de produits textiles, une démarche montrant l'attitude
positive du pays pour la résolution de ses différends commerciaux avec
l'Union Européenne (UE).
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a dit
mercredi dernier à trois hauts diplomates de l'UE que la Chine comprenait
les inquiétudes de l'UE quant au problème textile. Il a promis que la
Chine prendrait des mesures économiques plus poussées pour prévenir
la croissance excessive du secteur textile chinois et des exportations de
vêtements.
Bien qu'il n'ait pas spécifié ces mesures, des
analystes de Beijing ont souligné que cela témoignait d'une attitude
positive de la Chine pour la résolution de ses différends commerciaux avec
l'UE sur les produits textiles.
Les différends commerciaux entre la Chine et l'UE
ont suscité une grande inquiétude chez les hauts dirigeants chinois après
le lancement par l'UE d'une enquête sur les importations de produits
textiles chinois.
L'enquête a été lancée après que les chiffres
préliminaires eurent montré que les exportations de prêt-à-porter avaient
augmenté en flèche au cours des deux premiers mois de l'année.
Des mesures de restriction de la part de l'UE
seraient " raisonnables, mais illégales", a déclaré Feng Zhongping,
directeur du Département de la section européenne de l'Institut chinois des
Relations internationales contemporaines, ajoutant que cette
restriction irait à l'encontre du principe de libre-échange de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le président chinois Hu Jintao a dit à son homologue
français Jacques Chirac lors de leur rencontre, la semaine dernière à
Moscou, que la Chine prêtait une grande attention au problème du
textile et souhaitait que cette question puisse être résolue par le
biais de consultations d'égal à égal.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé l'UE
à faire des efforts pour régler les différents commerciaux, soulignant
l'importance d'un partenariat stratégique à long terme.
"Les mesures d'auto-contrôle de la Chine sur les
exportations textiles ont été efficaces et continueront de l'être", a
affirmé Wen, ajoutant que "le règlement des actuelles frictions liées au
textile a besoin des efforts conjoints des deux parties".
Il y a deux semaines, le ministre chinois du
Commerce Bo Xilai a exhorté l'UE à ne pas exagérer le problème des
produits textiles. Lors de sa rencontre à Paris avec le commissaire
européen du commerce Peter Mandelson, Bo a déclaré que les restrictions
sur les produits textiles chinois portaient atteinte non seulement
aux intérêts de la Chine mais à ceux des importateurs, détaillants et
consommateurs de l'UE.
L'UE a augmenté ses pressions sur les exportations
textiles de la Chine, mais cela n'équivaut pas à une confrontation, a fait
remarquer Feng. "L'enquête donne en effet du temps aux deux parties
pour effectuer des réajustements et mener des consultations", a-t-il
précisé.
Lors du dernier cycle de négociations sur le
libre-échange, le système de quotas textiles a été aboli début 2005.
Au moment de son adhésion à l'OMC, la Chine a admis
de laisser les membres de l'OMC décider des restrictions sur ses produits
textiles si une brusque hausse de ces produits menacait de troubler
leurs marchés.
Zhu Liqun, directeur de l'Institut des Relations
internationales de l'Université des Affaires étrangères, a
indiqué que l'UE aurait dû renforcer son propre mécanisme pour faire face
à l'éventuelle augmentation des exportations textiles à la fin du
système de quotas.
Certains pays européens, comme la Finlande, la
Suisse et l'Allemagne sont opposés aux restrictions, étant donné qu'ils
ont réussi à régler le problème lié à la hausse des exportations
textiles, a noté Feng.
La Chine a mis l'accent sur les principes de
libre-échange international, affirmant que l'imposition de restrictions
nuirait à ce système.
"L'abolition de ce système à des fins d'intégration
du commerce mondial est absolument nécessaire pour un commerce juste et
libre et tous les pays doivent déployer des efforts dans ce sens", a
relevé Wen.
Les producteurs chinois se sont plaints de cette
enquête, disant que les acheteurs avaient hésité à passer commande car ils
ne savaient pas quelles "mesures restrictives" seraient prises
par l'UE.
"Il est injuste d'imposer des restictions sur les
exportations textiles de la Chine en se basant seulement sur les données
du premier trimestre, car une grande quantité des produits exportés
vers l'UE ont été commandés avant la fin de l'année", a dit Yang
Weidong, directeur général de Jifa Group Co., Ltd, le second
exportateur de textiles de la province du Shandong, dans l'est de la
Chine.
En fait, la Chine a adopté elle-même une série de
mesures depuis le mois de décembre 2004 pour endiguer le flux de produits
textiles dans les pays de l'UE et aux Etats-Unis. Elles consistent en
une taxe supplémentaire sur 148 types de produits et la limitation des
investissements dans le secteur du textile.
Feng a qualifié ces mesures de "pragmatiques" et de
"prudentes", soulignant qu'elles répondaient aux intérêts des deux parties.
La coopération économique et commerciale entre la
Chine et l'UE s'est développée rapidement au cours des trois dernières
décennies. L'année dernière, le commerce bilatéral s'est élevé à 177,3
milliards de dollars, 74 fois plus qu'il y a 30 ans. L'UE a dépassé
les Etats-Unis pour devenir le premier partenaire commercial de la Chine.
La levée des quotas textiles est la grande
contribution apportée par l'OMC aux pays en voie de développement et le
règlement des différends commerciaux liés au textile concerne non
seulement la Chine et l'UE, mais tous les pays développés et en
développement, a dit Feng Zhongping.
"Les deux parties doivent régler ce problème de
manière prudente afin de promouvoir un commerce juste et libre dans le
monde", selon Feng. Fin