BEIJING, 13 mai (XINHUANET)
-- Le gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan a déclaré
vendredi à Beijing que les informations des médias étrangers sur la
réévaluation attendue du Renminbi (RMB), ou yuan, le 18 mai, n'étaient pas
"exactes".
"Pouvons-nous prendre ceci au sérieux ? Bien sûr que
non !", a répondu Zhou à une question posée par un correspond de l'agence
de presse Xinhua lors d'un séminaire organisé par l'Académie
chinoise des Sciences sociales.
"Ce sont les pays étrangers, et certains en
particulier, qui prédisent la réévaluation du yuan le 18 mai", a-t-il
déclaré.
Pour Zhou, c'est sans doute la pression extérieure
qui ramène l'éventualité de la réévaluation du yuan dans les
discussions.
A l'heure actuelle, le yuan est collé au dollar, à
un taux d'environ 8,27 yuans pour 1 dollar. Depuis 1994, la Chine
maintient un taux de change flottant et unifié basé sur l'offre et la
demande de change sur les marchés. Le yuans a été réévalué de 38 % par
rapport au dollar américain entre 1994 et 1997.
La Chine étant un grand pays, sa réforme du système
de taux de change ne peut être influencée que par la pression et les
incitations intérieures, et "nous prendrons des mesures de réforme en
fonction de la logique de la réforme, qu'elles concernent l'imposition, le
taux d'intérêt ou le taux de change", a déclaré Zhou.
Néanmoins, a-t-il ajouté, la Chine jouant un rôle
grandissant dans le milieu de la finance internationale, au moment de
prendre des mesures de réforme, le pays sera attentif aux avis étrangers
et à l'impact sur l'économie mondiale et notamment sur celle des
pays voisins.
Lors de la crise financière en Asie en 1997, la
Chine a refusé de dévaluer sa monnaie et a maintenu le RMB à un taux
stable, de manière responsable, et depuis, elle a réduit la flottabilité
du taux de change de sa monnaie.
Avec la dévaluation du dollar ces dernières années,
le taux de change du RMB par rapport à d'autres monnaies a chuté, d'où les
accusations de certains pays estimant que le gouvernement chinois
prenait cette mesure pour dynamiser ses exportations croissantes.
Mais la Chine n'a pas dévalué artificiellement le
yuan pour servir ses intérêts, a déclaré récemment l'ancien responsable du
change Guo Shuqing.
Les dirigeants chinois ont répété à plusieurs
occasions que s'agissant d'une tâche compliquée et dont il faudrait
s'acquitter progressivement, il n'y avait pas de calendrier pour la
réforme du taux de change.
"A l'heure d'envisager une réforme du taux de
change, nous devrons prendre en compte le climat macro-économique dans son
ensemble, le degré de tolérance du système financier chinois, la
situation du marché financier et l'impact sur les économies
régionales et mondiales", a déclaré Guo.
Les économistes chinois estiment que le taux de
change actuel de la Chine doit être réajusté en temps opportun et de
manière opportune.
"Il est peu probable que le gouvernement décide de
réévaluer le yuan au cours du premier semestre 2005, d'après Ha Jiming,
économiste à la Corporation Financière Internationale de Chine.
Selon lui, cette réévaluation pourrait intervenir au
cours du second semestre 2005.
D'après des observateurs, de grosses sommes de
capitaux flottants, estimés à plus de 130 milliards de dollars, ont été
introduits en Chine.
Cette somme pourrait conduire à une surchauffe du
secteur dans lequel elle a été investie, comme cela s'est passé avec le
secteur de l'immobilier. Ces capitaux flottants ont ajouté à la pression
pour une réévaluation du yuan.
"La Chine travaille sur un plan qui permettra une
plus grande flexibilité de son taux de change, mais les mesures
spécifiques peuvent intervenir à un moment inattendu", a déclaré le
Premier ministre chinois Wen Jiabao lors d'une conférence de presse à
l'issue de la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale, le
Parlement chinois, en mars dernier. Fin