TEHERAN, 24 avril (XINHUANET) -- L'Iran n'acceptera
jamais un arrêt définitif de l'enrichissement d'uranium, mais offrira des
garanties objectives de la nature pacifique de ses activités
nucléaires, a annoncé dimanche le porte-parole du ministère iranien
des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi.
"L'Iran et l'Union européenne (UE) poursuivront
leurs négociations afin de chercher les moyens pour une suspension (de
l'enrichissement) d'uranium à court terme et Téhéran ne renoncera
pas à son droit à utiliser l'énergie nucléaire à des fins
pacifiques", a déclaré M. Assefi lors de sa conférence de presse
hebdomadaire.
Il a souligné que la suspension serait maintenue
durant la période des négociations mais que cela n'était "qu'une question
de quelques mois, non de quelques années".
"L'enrichissement (d'uranium) et l'utilisation
pacifique de la technologie nucléaire sont l'un de nos droits absolus et
nous ne pouvons pas le laisser échapper", a-t-il dit.
L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne
négocient depuis décembre 2004 avec l'Iran pour obtenir des "garanties
objectives" que la République islamique ne fabrique pas la bombe atomique
sous le couvert d'activités nucléaires civiles. Ils lui offrent en
retour une coopération technologique, commerciale et politique.
Pour les Européens, un renoncement permanent des
Iraniens à enrichir constituerait la garantie la plus probante.
L'uranium faiblement enrichi sert de combustible
pour les centrales nucléaires civiles mais, hautement enrichi, il peut
servir à des armes nucléaires.
Les Iraniens ont accepté en novembre de suspendre
l'enrichissement le temps des négociations. Mais ils ne cessent
de répéter qu'il est hors de question d'accepter un arrêt définitif
et que la suspension ne peut durer que quelques mois.
Le comité de pilotage irano-européen qui supervise
les tractations doit se réunir le 29 avril à Londres.
Selon des sources diplomatiques, les Iraniens ont
proposé aux Européens fin mars une reprise de l'enrichissement, mais à
échelle restreinte. Il s'agirait de reprendre l'assemblage,
l'installation et l'utilisation expérimentale de 3 000 centrifugeuses -
machines servant à enrichir l'uranium - dans leur usine de Natanz.
Un échec des négociations raviverait la querelle
nucléaire iranienne et risquerait d'envoyer le dossier devant le Conseil
de sécurité de l'Onu. Les Etats-Unis, pour lesquels il ne fait guère
de doute que l'Iran cherche à disposer de l'arme nucléaire, font
pression depuis des mois pour en arriver là. Ils ont cependant
consenti à suspendre leur lobbying au moins jusqu'à l'été, pour
laisser leurs chances aux efforts diplomatiques européens. Fin