LOME, 20 avril (XINHUANET) -- Le président togolais par
intérim, Abbas Bonfoh, vient d'écrire à l'archevêque de Lomé Monseigneur
Philippe Fanoko Kpodzro pour lui faire part de son étonnement après
qu'une audience officielle restreinte se soit transformée en manifestation
politique, a-t-on appris mercredi de la presse locale.
Il reproche également à l'archevêque d'avoir exclu
certains religieux de la délégation, comme les représentants de la
communauté musulmane. Bref d'avoir mélangé spirituel et politique.
Dans sa correspondance, Abass Bonfoh s'étonne que
l'audience sollicitée par l'archevêque de Lomé le 15 avril dernier se soit
" muée en manifestation publique".
L'homme d'église avait souhaité s'entretenir avec le
président Bonfoh accompagné d'un groupe de quatre personnes. L'objet de la
rencontre consistait à demander une reprise de l'opération de
révision des listes électorales et le report de l'élection
présidentielle prévue pour le 24 Avril 2005.
Or c'est près de 200 personnes en soutane et toge
qui ont marché depuis le "Carrefour GTA" au Nord de Lomé sur la Nationale
numéro un jusqu'à la résidence du Président par intérim située à la
Cité OUA.
Pour Abass Bonfoh, cette manifestation "ne
correspond pas à l'esprit dans lequel l'audience a été accordée".
Abass Bonfoh relève par ailleurs que la délégation
ne comprenait pas des représentants de toutes les confessions
religieuses, notant par exemple "l'absence du clergé musulman qui
participe également à la vie religieuse au Togo".
Il a aussi marqué son étonnement de voir des membres
de l'ordre des avocats figurer parmi la délégation "alors même que celui-ci
n'a aucun lien avec la conduite de la vie religieuse dont le clergé
a la charge.
Sur le fond, le président par intérim a réservé une
fin de non recevoir à la demande du clergé d'user de ses prérogatives pour
faire reprendre l'opération de révision des listes électorales au
motif que celle-ci serait entachée d'irrégularités.
Pour M. Bonfoh, les résultats obtenus après la
révision des listes électorales sont satisfaisants "malgré quelques
imperfections relevées eu égard à ce qui a été constaté sur le
terrain et au rapport de la CENI (Commission électorale nationale
indépendante)" où siègent paritairement des représentants de
l'opposition et de la majorité ainsi que des membres de le
société civile. Fin