NEW YORK (Nations
unies), 6 avril (XINHUANET) -- La Chine soutient les réformes du Conseil de
sécurité de l'ONU mais s'oppose à l'établissement d'un calendrier pour le
processus d'élargissement du Conseil comme l'a proposé le secrétaire
général de l'ONU Kofi Annan, a indiqué mercredi l'ambassadeur de Chine aux
Nations unies, Wang Guangya.
M. Wang a tenu ces propos lors de l'Assemblée
générale de l'ONU, qui se réunissait pour discuter du rapport présenté fin
mars par M. Annan sur les réformes de l'Organisation.
La priorité des réformes du Conseil de sécurité
devrait porter sur l'augmentation de la représentation de pays en voie de
développement au Conseil, a souligné M. Wang.
"L'expansion du Conseil touchant aux intérêts vitaux
de tous, une controverse autour du problème est donc attendue", a dit M.
Wang, ajoutant que les intérêts et les inquiétudes de l'ensemble des
groupes régionaux et des pays devraient être pris en considération au
cours des négociations.
"Dans l'intérêt à long terme des Nations unies, la
Chine ne soutient pas l'établissement d'une date-limite artificielle pour
les réformes du Conseil et l'approbation par la force d'une
proposition immature manquant un consensus sous la forme d'un vote ",
a-t-il souligné.
Selon M. Wang, le processus de recherche d'un
consensus devrait être caractérisé par des discussions démocratiques, en
profondeur, des consultations patientes et une procédure réfléchie et
ordonnée.
Les discussions ne devraient pas se limiter aux deux
seuls modèles d'expansion du Conseil présentés dans le rapport de M.
Annan et la Chine est ouverte à toutes les propositions pouvant
permettre de surmonter les divergences et maintenir l'unité parmi
les Etats membres, a souligné l'ambassadeur de Chine.
Par ailleurs, il a averti qu'un vote hâtif sur toute
proposition incomplète d'ici septembre pourrait nuire aux
consultations sur les réformes dans d'autres domaines et affecter
l'élaboration du document final du sommet de l'ONU.
"La réforme du Conseil de sécurité constitue
seulement une partie du processus de réforme des Nations unies et ne
devrait pas éclipser les autres réformes tout aussi importantes dans
d'autres domaines", a-t-il dit, en ajoutant : "Nous devons
particulièrement mettre en garde contre la possibilité de voir une telle
controverse provoquer une divergence importante parmi les membres de
l'ONU, avec la conséquence malheureuse de compromettre l'élaboration et la
considération du document final du sommet prochain".
Dans son rapport, M. Annan a appelé à une décision
par l'Assemblée générale sur l'expansion du Conseil de sécurité de 15
membres avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernements prévu en
septembre à New York.
Il a également exprimé un soutien voilé à un vote
sur le problème par l'Assemblée si aucun consensus n'était trouvé après
des "discussions saines".
Le rapport offre deux modèles pour l'expansion du
Conseil. Le modèle A portera les membres permanents du Conseil de sécurité
de cinq à onze, alors que les six nouveaux membres permanents n'ont
pas le droit de veto. Le modèle B créera une nouvelle couche de huit
pays dits membres semi-permanents, qui auraient un mandat renouvelable de
quatre ans.
Le modèle A a obtenu le soutien du Brésil, de
l'Allemagne, du Japon et de l'Inde, quatre pays en tête dans la
compétition pour de nouveaux sièges permanents au Conseil de sécurité. Les
quatre pays envisagent de faire approuver une résolution à l'Assemblée
générale d'ici l'été sur le modèle A.
Toutefois, le modèle A fait l'objet de l'opposition
vive du Mexique, de l'Italie, du Pakistan et d'une dizaine d'autres pays,
qui préfèrent le modèle B. Fin