NEW YORK, 28 février (XINHUANET) -- Le Département
américain de la Justice a tenté de renvoyer un procès intenté par des
Vietnamiens qui ont affirmé avoir été empoisonnés par l'agent orange, un
défoliant chimique déversé par les forces américaines durant la
guerre du Vietnam, rapporte lundi le quotidien local "New York
Times".
La plainte, déposée au nom de millions de
Vietnamiens, accuse des entreprises chimiques américaines d'avoir commis
des crimes contre l'humanité en fournissant aux forces américaines ce
défoliant chimique, qui contient de la dioxine et qui est donc
hautement toxique.
Cependant, le gouvernement américain, qui ne fait
pas partie des accusés dans cette affaire présidée par le juge Jack
Weinstein, a allégué que les prétendus effets de l'agent orange n'étaient
pas soutenus par une preuve directe.
Les avocats du Département d'Etat ont adressé le
mois dernier au juge Weinstein une note prétendant que si la plainte
n'était pas rejetée, les "implications de cette affaire seraient énormes
car elle ouvrirait la voie au dépôt de plaintes d'anciens ennemis
nationaux et d'anciens soldats auprès du système judiciaire
américain, de mise en danger par les forces armées américaines"
durant des guerres.
Les forces américaines ont répandu l'agent orange
pour détruire la végétation durant la guerre du Vietnam de 1954-1975. Plus
de 80 millions de litres de ce défoliant chimique ont été ainsi
utilisés à cet effet.
Quelque 10 000 vétérans de guerre américains
souffrent d'invalidités liées à l'agent orange, qui seraient à l'origine,
selon des scientifiques, de cas notamment de cancer, de diabète,
d'anomalies de naissance parmi les vétérans et les civils
vietnamiens.
En 1984, sept entreprises chimiques américaines ont
versé une somme de 180 millions de dollars à la suite de plaintes
d'anciens vétérans de guerre. Fin