Burkina/Francophonie: les tensions politiques s'invitent à l'ordre du jour du dixième sommet de la francophonie
  2004-11-26 14:09:14
 

     OUAGADOUGOU, 25 novembre (XINHUANET)-- Avec près d'une quinzaine  de pays en situation de conflits ou post-conflits, l'espace  francophone, qui abrite par ailleurs les pays les moins avancés de la planète, risque une fois de plus de consacrer l'essentiel des  discussions de son dixième Sommet aux tensions sociopolitiques qui l'assaillent au détriment de véritables plans et programmes de  développement durable. 

     Le conflit armé que connaît la Côte d'Ivoire depuis le 19  septembre 2002 sera une préoccupation majeure des chefs d'Etat et  de gouvernement des pays ayant le français en partage. 

     Le président Laurent Gbagbo, dont la venue à Ouagadougou est  loin d'être acquise, a réussi à attirer l'attention du Comité  permanent de la Francophonie et de la 21ème session ministérielle. En effet, une résolution prise par les deux instances invite les  chefs d'Etat à engager les différentes parties à l'application des accords de Linas Marcoussis. 

     Dans les pays des Grands Lacs, dont beaucoup sont en transition démocratique, l'arrivée du général Paul Kagamé et de son grand  voisin congolais Joseph Kabila suscite des débats dans certains  milieux diplomatiques, où beaucoup espèrent que la Francophonie  s'impliquera davantage pour aider la région à sortir d'une  décennie de turbulences. 

     D'autre part, les élections en Centrafrique préoccupent la  Francophonie tout comme celles programmées an Haïti. Certains  diplomates saluent d'ailleurs la décision du Premier ministre  haïtien Jean Latortue de ne pas se présenter à l'élection  présidentielle dans l'île. 

     Le grand débat qui animera le sommet de Ouagadougou est sans  nul doute la crise au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Même s'il  n'est pas membre de la Francophonie, le Soudan préoccupe les  dirigeants de l'espace francophone qui entendent peser de tout  leur poids pour contribuer au retour de la paix et de la stabilité dans un pays traversé depuis près d'un quart de siècle, à l'ouest  par une guerre ethnico-religieuse, et au sud par un conflit armé  ayant causé près de 800 mille réfugiés. 

     Le président soudanais Omar El-Béchir et le président en  exercice de l'Union africaine, Olusegun Obasanjo, qui seront  présents au sommet de Ouagadougou, entendent faire le point de la  situation. A cette occasion, le président de la Commission de  l'Union africaine, Alpha Omar Konaré, devrait appeler à la  solidarité francophone pour sortir le continent de l'impasse. 

     Dans une déclaration faite mardi au Conseil permanent de la  Francophonie, la Guinée équatoriale appelait l'organisation  francophone à prendre une résolution "claire et nette" pour  condamner le mercenariat conformément à la Déclaration de Bamako. 

     Se considérant victime d'une tentative de coup d'Etat, Malabo a appelé les pays de l'espace francophone à jouer à fond la carte de la solidarité, en condamnant les pays qui "abritent, forment ou  cautionnent le mercenariat". Fin