Le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, s'est refusé lundi à confirmer que les mines avaient été retirées du détroit d'Ormuz, avertissant que le passage y demeurait dangereux.
LONDRES, 2 novembre (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, s'est refusé lundi à confirmer que les mines avaient été retirées du détroit d'Ormuz, avertissant que le passage y demeurait dangereux.
Lors d'une séance de questions-réponses au siège de l'OMI à Londres, M. Dominguez a réitéré la recommandation de l'organisation de ne pas emprunter ce détroit en raison des divergences entre les versions iranienne et américaine concernant la menace des mines.
L'Iran a affirmé à plusieurs reprises que des navires avaient heurté des mines après avoir emprunté des itinéraires "non autorisés". Le Commandement central des Etats-Unis a quant à lui démenti ces affirmations, déclarant avoir procédé au déminage des voies de navigation internationales du détroit.
En réponse à une question de l'agence Xinhua, M. Dominguez a indiqué n'avoir reçu aucune confirmation que le dispositif de séparation du trafic, c'est-à-dire les voies de navigation désignées à travers le détroit, était exempt de mines.
"Rien ne confirme l'absence de mines dans la région. Je ne peux donc pas garantir que le passage soit sûr. C'est pourquoi nous déconseillons à quiconque d'emprunter le détroit d'Ormuz", a-t-il déclaré.
Le dispositif de séparation du trafic établi par l'OMI n'est pas actuellement opérationnel. Les navires qui transitent tout de même par le détroit utilisent des itinéraires alternatifs - soit au nord, à travers les eaux iraniennes sous contrôle de Téhéran, soit au sud, près des côtes omanaises, et sous escorte navale américaine.
M. Dominguez a précisé que l'OMI n'avait pas validé ces itinéraires alternatifs, et que l'organisation ne pouvait donc garantir la sécurité de la navigation.
Il a ajouté que des navires avaient également été touchés par des projectiles non identifiés. Dans un contexte de conflit, les enquêtes sont complexes, et il est donc impossible de déterminer si ces incidents impliquaient des mines, des drones ou des missiles.
"Mais cela ne change rien au fait qu'il est tout simplement dangereux d'emprunter le détroit d'Ormuz", a souligné M. Dominguez.
L'OMI a recensé environ 30 attaques contre des navires dans le détroit et ses environs au cours du mois d'octobre, ce qui en fait l'un des mois ayant enregistré le plus grand nombre d'attaques. Certains incidents ont entraîné des déversements de pétrole ou d'autres formes de pollution.
Environ 6.000 marins sont toujours bloqués à bord de quelque 350 à 400 navires dans la région du Golfe, a indiqué M. Dominguez. L'OMI coordonne ses actions avec les pays de la région, la Fédération internationale des ouvriers du transport et d'autres parties prenantes afin de leur apporter un approvisionnement, des soins médicaux, un soutien en matière de santé mentale et une aide pour communiquer avec leurs familles, a-t-il ajouté.
