RDC/Ebola : la transmission persiste avec des évolutions contrastées selon les foyers (PAPIER GENERAL) - Xinhua - french.news.cn

RDC/Ebola : la transmission persiste avec des évolutions contrastées selon les foyers (PAPIER GENERAL)

French.news.cn | 2026-09-16 à 10:30

KINSHASA, 15 septembre (Xinhua) -- La transmission du virus Ebola connaît des évolutions nettement contrastées entre les différentes zones touchées en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué mardi soir un éminent spécialiste congolais de la maladie.

Jean-Jacques Muyembe, virologue congolais de renom et directeur général de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), a fait état d'"une nette amélioration" de la lutte contre Ebola dans la province de l'Ituri, principal foyer de l'épidémie.

"Nous avons maintenant la maîtrise de cette épidémie dans cette province (Ituri)", a déclaré Dr. Muyembe lors d'un point de presse à Kinshasa. Il a toutefois dressé un constat différent pour la province voisine du Nord-Kivu, deuxième province la plus touchée après l'Ituri, où, selon lui, "au contraire, la transmission continue".

Ces évolutions contrastées dans les deux provinces de l'est du pays reflètent une situation plus large à l'échelle nationale. Depuis sa déclaration le 15 mai, l'épidémie s'est étendue à sept provinces, à savoir l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, la Tshopo et le Sud-Ubangi.

Placide Mbala Kingebeni, directeur de la recherche au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), a indiqué lors du même point de presse que les cas et les décès étaient en baisse dans certains anciens foyers de l'Ituri, tandis que l'incidence continuait d'augmenter légèrement dans d'autres zones de la même province.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a dressé mardi un constat similaire. Olivier le Polain, responsable de l'épidémiologie et de l'analyse pour la riposte à l'OMS, a qualifié la situation de "mixte" et d'"hétérogène".

"Mais qu'on a certains, peut-être certains signes très, très initiaux d'une épidémie qui commence à fléchir dans certaines zones, mais qui augmente de manière exponentielle dans d'autres zones", a-t-il déclaré lors d'un point de presse des Nations Unies à Genève.

Selon Dr. le Polain, certaines zones touchées sont davantage sous contrôle que d'autres et pourraient être considérées comme des épidémies distinctes plutôt que comme un seul défi épidémiologique. Il a également averti que les premiers signes d'amélioration pouvaient être suivis d'une nouvelle recrudescence des cas.

Le Nord-Kivu est devenu l'une des principales zones de préoccupation. Selon Dr. le Polain, le nombre hebdomadaire de cas signalés dans cette province a presque doublé en l'espace de quelques semaines.

"Bien que la riposte ait été d'une ampleur sans précédent, l'épidémie continue de s'étendre", a-t-il averti, estimant qu'au regard du nombre élevé de cas et de l'ampleur géographique de l'épidémie, il faudrait encore "de très, très nombreux mois" pour la maîtriser pleinement.

Julien Harneis, coordinateur spécial des Nations Unies pour Ebola, a également appelé à ne pas relâcher les efforts malgré les progrès enregistrés dans certaines zones, estimant que l'épidémie restait "meurtrière et massive", alors que le nombre de cas continuait d'augmenter ailleurs.

Dr. Muyembe n'a pas fixé de nouveau délai pour contenir l'épidémie. Il a seulement demandé aux équipes de riposte de "tout faire pour que nous puissions fêter la bonne année dans de meilleures conditions".

Il a reconnu que son estimation initiale, selon laquelle l'épidémie pourrait être maîtrisée en trois mois, s'était révélée difficile à tenir en raison notamment de la forte augmentation des cas, des déplacements de population, des résistances communautaires et des difficultés de suivi des contacts dans les zones affectées par les conflits.

Selon le dernier rapport de situation du gouvernement congolais, publié lundi et couvrant les données au 13 septembre, la RDC totalisait 7.258 cas confirmés d'Ebola, dont 3.510 décès, répartis dans 62 zones de santé de sept provinces.

L'épidémie actuelle est devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, ainsi que la deuxième plus importante au niveau mondial, derrière celle qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016. Fin

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