LA PAZ, 8 juin (Xinhua) -- Le président bolivien Rodrigo Paz a promulgué lundi une loi relative à l'état d'urgence, sur fond de 39 jours consécutifs de manifestations et de barrages routiers ayant fortement perturbé l'approvisionnement, les transports et l'activité économique du pays.
La loi 1740 autorise le président à déclarer l'état d'urgence par décret suprême dans des situations impliquant des menaces pour la sécurité de l'Etat, des menaces extérieures, des troubles intérieurs ou des catastrophes naturelles. Le décret doit être transmis à l'Assemblée législative plurinationale, le corps législatif de la Bolivie, qui dispose de 72 heures pour se prononcer.
S'exprimant au siège du gouvernement à La Paz, M. Paz a déclaré que cette loi visait à protéger la majorité des Boliviens, à défendre l'ordre constitutionnel et à rétablir la normalité économique.
Le président a déclaré que le dialogue resterait le principal outil de son gouvernement, mais a averti les groupes qu'il a qualifiés de violents et liés au "narco-terrorisme" que l'Etat agirait avec fermeté selon la loi.
M. Paz a indiqué que cette loi de 27 articles bénéficiait d'un soutien institutionnel et avait été approuvée à la majorité par l'Assemblée législative plurinationale. Il a exhorté les forces armées et la police à agir avec fermeté et professionnalisme, tout en respectant les droits de l'Homme et le cadre constitutionnel.
Les troubles en Bolivie ont éclaté dans le cadre d'un mouvement de contestation mené par la Centrale des travailleurs boliviens, des organisations paysannes, des syndicats d'enseignants, des mineurs et d'autres groupes réclamant des solutions aux problèmes économiques du pays.
Les manifestations et les barrages ont perturbé l'approvisionnement en marchandises et en carburant dans plusieurs régions et ont donné lieu à des affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Fin
